Un eurodéputé qualifie la décision des Etats-Unis sur l'ETS d'arrogante

Un éminent eurodéputé a vivement réagi suite à la décision de la commission des transports du Sénat américain de voter sur une mesure qui interdirait aux compagnies aériennes des Etats-Unis de payer pour leurs émissions de carbone et de participer au système controversé d'échange de quotas d'émission de l'UE.

EURACTIV.com
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Un éminent eurodéputé a vivement réagi suite à la décision de la commission des transports du Sénat américain de voter sur une mesure qui interdirait aux compagnies aériennes des Etats-Unis de payer pour leurs émissions de carbone et de participer au système controversé d'échange de quotas d'émission de l'UE.

 

« Les Etats-Unis méprisent les efforts consentis à l'échelle internationale pour atténuer les effets du changement climatique », a déclaré l'eurodéputé allemand social-démocrate Jo Leinen. Il a fustigé un projet de loi des Etats-Unis selon lequel les compagnies aériennes américaines ne participeraient pas au système d'échange de quotas d'émission de l'UE (ETS).

 

M. Leinen a qualifié ce projet de loi d'arrogant et d'ignorant.

 

« Il serait tout à fait arrogant d'interdire aux compagnies américaines de respecter la législation européenne. Il s'agirait d'une décision sans précédent visant à contrecarrer les normes juridiques de l'UE. Ce serait une décision ignorante également, car elle ferait fi de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre générées par l'aviation. Les compagnies aériennes américaines ne devraient pas jouir d'un traitement de faveur », a expliqué M. Leinen.

 

L'eurodéputé a argué qu'il serait surprenant que les Etats-Unis acceptent de payer des taxes passagers en Europe et non pas celles qui découleraient de l'ETS.

 

« Les taxes passagers à l'aéroport Heathrow de Londres atteignent environ 160 livres sterling. Elles sont dix fois plus élevées que les frais générés par le système d'échange de quotas d'émission », a-t-il ajouté.

 

Le Sénat a donné son feu vert pour le vote de ce projet de loi à l'issue de deux jours de discussion avec seize autres pays non européens opposés à l'ETS qui souhaitent mettre en place un autre système.

 

Plus de vingt pays, dont la Chine, l'Inde, la Russie et les Etats-Unis sont contre l'ETS. Ils affirment que cette loi viole le droit international.

 

L'UE a quant à elle affirmé qu'elle ne reviendrait pas sur sa décision, dans la mesure où cette taxe permettrait de réduire de 20 % les émissions de carbone à l'horizon 2020.

 

Plus tôt ce mois-ci, le secrétaire américain aux transports, Ray LaHood, a qualifié cette taxe de « mauvaise politique, mauvaise loi », affirmant qu'au lieu de prendre des mesures unilatérales, l'UE aurait dû consulter ses partenaires étrangers.  Les Etats-Unis et ceux qui s'opposent à l'ETS martèlent qu'une solution mondiale impliquerait de ne pas appliquer le mécanisme de l'UE.

 

Le sénateur américain John Kerry, qui s'est opposé au projet de loi mardi, a expliqué que les Etats-Unis risquaient de déclencher une guerre commerciale, à moins que les transporteurs américains ne prennent des initiatives pour réduire leurs émissions.

 

« Nous disons non aux décisions unilatérales de l'Europe, mais nous voulons jouer un rôle de leader pour mettre en place une approche concertée. »

 

« D'autres pays vont refuser nos avions si nous ne faisons rien », aurait-il déclaré lors d'une audience.

 

Les deux parties ont soutenu la décision du Congrès et l'administration Obama exerce des pressions sur Bruxelles pour qu'elle laisse l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) proposer des mesures pour réduire les émissions de carbone.

 

L'OACI aura jusqu'à avril prochain pour présenter une alternative, avant que l'UE ne commence à faire payer des taxes sur les émissions.