Un Finlandais nommé chef de la zone euro

Aujourd'hui (27 octobre), Olli Rehn, le commissaire finlandais en charge des dossiers les plus sensibles du moment, les affaires économiques et monétaires, a été promu au poste de vice-président de la Commission et devient donc le ministre des affaires économiques de la zone euro.

EURACTIV.com
rehn8_pic_com.jpg
rehn8_pic_com.jpg

Aujourd'hui (27 octobre), Olli Rehn, le commissaire finlandais en charge des dossiers les plus sensibles du moment, les affaires économiques et monétaires, a été promu au poste de vice-président de la Commission et devient donc le ministre des affaires économiques de la zone euro.

En réaction à cette nouvelle, une femme politique finlandaise a salué la nomination de M. Rehn et déclaré : « L'Europe à besoin des tripes et du bon sens finlandais ».

La Commission européenne a annoncé dans un communiqué que son président, José Manuel Barroso, avait décidé de renforcer le rôle du commissaire en charge des affaires économiques et monétaires en le nommant vice-président et en lui donnant plus de responsabilités. Olli Rehn devient donc le huitième vice-président de la Commission.

M. Eurogroupe ? 

« Le vice-président Olli Rehn assistera le président sur tous les dossiers liés au Conseil européen, aux sommets de la zone euro et à la gouvernance économique. En accord avec le rôle de la Commission européenne en tant que gérant économique de l'Union européenne et sans entrer en conflit avec le rôle du président, le vice-président Olli Rehn assumera également les responsabilités de la Commission s'agissant de la représentation extérieure de la zone euro », peut-on lire dans ce communiqué.

Il n'est pas précisé dans cette déclaration si M. Rehn remplacera le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, en tant que chef de l'Eurogroupe lorsque son mandat expirera l'été prochain.

La promotion de M. Rehn n'est pas une surprise et fait partie des mesures institutionnelles prises en faveur d'une gouvernance économique renforcée de la zone euro, initiées lors du sommet de la zone euro de mercredi, lors duquel les dirigeants ont décidé de se réunir au moins deux fois par an. Les dirigeants des pays qui utilisent la monnaie unique se sont engagés à introduire une « règle d'or » dans leur constitution pour limiter les déficits.

Ils ont également décidé d'élire un président de la zone euro, un rôle que le président du Conseil, Herman Van Rompuy, s'apprête déjà jouer.

Depuis qu'il a été chargé de son nouveau portefeuille au sein de l'équipe de M. Barroso, Olli Rehn s'est surtout chargé de présenter des propositions sur un ensemble de réglementations visant à protéger la zone euro de la spéculation et des transactions néfastes. Il a supervisé le renflouement de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal et il a joué un rôle clé dans la mise en oeuvre du « paquet de six » qui avait pour objectif de maîtriser la crise de la dette.

Les matches de football, c'est terminé

Lors de la première Commission Barroso, M. Rehn était responsable de l'élargissement de l'UE. Il est l'architecte des arrangements négociés pour la Bulgarie et la Roumanie qui ont rejoint l'UE en 2007, dans le cadre d'un mécanisme de contrôle sans précédent de leurs systèmes d'application des lois.

M. Rehn est un libéral finlandais du Suomen Keskusta (littéralement le « Centre de la Finlande »), le parti du défunt président et premier ministre Urho Kekkonen, qui détient aujourd'hui 35 des  200 sièges du parlement national. Le nouveau vice-président est proche du dirigeant du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, qui milite pour une gouvernance économique renforcée sous la direction de M. Rehn.

Ironiquement, Suomen Keskusta s'oppose à une Europe plus fédérale et compte un nombre important d'eurosceptiques dans ses rangs. M. Verhofstadt est quant à lui un fervent défenseur du fédéralisme en Europe et il compte sur le soutien de personnalités politiques comme Olli Rehn.

Lors de son précédent mandat de commissaire, M. Rehn a charmé ses invités dans les différents pays candidats à l'UE en organisant des matches de football amicaux.  Dans sa jeunesse, il a d'ailleurs joué comme footballeur semi-professionnel. Ses nouvelles responsabilités ne lui permettront toutefois plus d'avoir recours à ce genre de méthodes dans le domaine des relations publiques.

L'eurodéputée finlandaise Anneli Jäätteenmäki, membre du même parti que M. Rehn, a félicité son compatriote, indiquant clairement qu'elle souhaitait le voir à la tête de l'exécutif européen dans trois ans.

« Olli Rehn est la bonne personne pour ce poste exigeant. L'Europe à besoin des tripes et du bon sens finlandais. M. Rehn va devenir un candidat crédible pour le poste de président de la Commission. J'espère que le gouvernement finlandais comprendra qu'il s'agit d'une opportunité historique et qu'il commercera à préparer le terrain », a-t-elle déclaré.