Un pessimisme plus marqué chez les chefs d’entreprise de PME

Un sondage Ifop réalisé à la demande de KPMG et de la CGPME révèle l’intensification des inquiétudes des dirigeants de PME sur leur accès au financement, par rapport au mois de janvier 2010.

EURACTIV.fr

Un sondage Ifop réalisé à la demande de KPMG et de la CGPME révèle l’intensification des inquiétudes des dirigeants de PME sur leur accès au financement, par rapport au mois de janvier 2010.

L’inquiétude des chefs d’entreprises persiste, voire s’aggrave par rapport à janvier 2010. Tel est le constat du 5e baromètre sur le financement et l’accès au crédit des PME publié le 13 avril 2010, et réalisé à la demande de KPMG et de la CGPME. 80% des dirigeants de PME se déclarent ainsi inquiets pour l’économie française, contre 72% en janvier 2010. 

Malgré une relative embellie, révélée notamment par une étude de la société Altares publié le 13 avril 2010 qui note une baisse de 41% des faillites au premier trimestre pour les entreprises de plus de 50 salariés par rapport à la même période l’année dernière, les chefs d’entreprises sont toujours aussi inquiets.

La principale préoccupation des chefs d’entreprises réside encore et toujours dans l’accès au financement. Or les besoins se font de plus en plus sentir. 68% des PME déclarent avoir au moins un besoin de financement, soit une augmentation de plus de 8% par rapport au dernier sondage. « Le pessimisme des chefs d’entreprises est plus important qu’en janvier 2010 », souligne le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, interrogé par EURACTIV.fr. Il rappelle que « le problème n°1 des PME est la baisse des commandes ». « Les dirigeants de PME n’ont pas confiance dans l’avenir. Pour les PME, on est vraiment dans le dur de la crise, poursuit-il. Et ce d’autant plus que « toutes les mesures prises dans le cadre du plan de relance, comme le prolongement des délais de paiement à l’Urssaf arrivent à leurs fins. »

Des financements pour les dépenses courantes

Si les besoins de financement sont au plus haut, ils ne concernent plus seulement l’investissement, mais bien les dépenses courantes. Le sondage réalisé révèle que les besoins liés à des financements de trésorerie et d’exploitation ont particulièrement augmenté et concernent désormais 40% des PME (contre 32% il y a trois mois), notamment dans les PME de 100 à 249 salariés (52% contre 41% en janvier). 

Jean-François Roubaud se dit inquiet. Les PME vont bientôt établir les bilans pour 2009, et selon ses anticipations « ils vont être moins bons qu’en 2008 ».

Les conditions d’accès au crédit pourraient s’en ressentir, estime-t-il. Les banques sont moins enclines à prêter en cas de bilans négatifs, et les assureurs-crédits « vont durcir leurs positions ». Pour pallier cette situation, Jean-François Roubaud préconise donc aux banques de regarder les bilans des entreprises en tenant compte de la conjoncture.

La Banque européenne d’Investissement a pourtant injecté de l’argent destiné à être prêté aux PME. 30 milliards d’euros devraient ainsi être alloués d’ici 2011 aux banques afin de financer les PME.  En 2009, 13 milliards d’euros ont déjà été distribués, dont 950 millions pour la France. La répartition s’est effectuée ainsi : 150 millions d’euros pour le Crédit Coopératif; 100 millions d’euros pour la Banque Fédérale des Banques Populaires; 400 millions d’euros pour BNP Paribas; et 300 millions pour le Crédit Agricole.

Fonds propres

Les problèmes de fonds propres des PME pourraient expliquer les réticences des banques à accorder des crédits. Pour y faire face, Jean-François Marraud, PDG de la PME Omnitech, et membre de la commission financement du Comité Richelieu estime qu’une partie des difficultés pourrait être résolue par le biais d’Oséo. « Les banques ne s’appuient pas suffisamment sur Oséo pour garantir les prêts, elles n’ont pas encore ce réflexe, or Oséo est une soupape » a-t-il déclaré.

Il relativise toutefois les inquiétudes soulevées par le sondage, notant que le pessimisme dépend pour beaucoup des secteurs concernés. Si la construction ou l’industrie traversent une période de difficultés, on assiste selon lui à « un certain réveil dans les services de manière générale ».

Une autre forme de réponse au financement des PME pourrait se trouver du côté des marchés de capitaux. Le rapport remis à Christine Lagarde par Fabrice Demarigny le 18 mars 2010, s’interrogeait justement sur l’accès des PME au marché boursier, qui constitue également une source de financement. On constate aujourd’hui une volonté de créer les conditions d’un droit boursier adapté à la réalité des PME. Mais ce n’est pas une bonne réponse, selon Jean-François Roubaud, « car ce sont les plus petites entreprises qui ont des problèmes. »