Un plafonnement des revenus des entreprises « ne fera pas baisser le prix de l’énergie », selon le ministre autrichien des Finances
Les intentions de l’Union européenne de plafonner les revenus des producteurs d’électricité ne rendront pas l’énergie moins chère, a expliqué le ministre autrichien des Finances Magnus Brunner, dont le gouvernement est à la tête d’une nouvelle initiative en faveur de l’indépendance gazière.
Les intentions de l’Union européenne de plafonner les revenus des producteurs d’électricité ne rendront pas l’énergie moins chère, a expliqué le ministre autrichien des Finances Magnus Brunner, dont le gouvernement est à la tête d’une nouvelle initiative en faveur de l’indépendance gazière.
Peu d’États membres de l’UE sont aussi dépendants du gaz russe que l’Autriche, puisque 90 % de son approvisionnement provenait du Kremlin avant la guerre. Alors que l’approvisionnement du pays pour l’hiver semble assuré grâce à des niveaux de stockage de 74 %, le gouvernement se montre prudent face à la proposition de l’exécutif européen de plafonner les revenus des entreprises du secteur de l’énergie.
Le plafonnement des bénéfices ne suffit pas, a-t-il déclaré jeudi (22 septembre) au Congrès autrichien de l’énergie 2022, car réduire la capacité des entreprises à investir ne permettra pas de se détourner du gaz russe.
L’écrémage des superprofits réalisés grâce à la crise est une question de financement, « qui est certainement aussi importante, mais bien sûr, cela ne fera pas baisser le prix de l’électricité et du gaz. Les plafonds nationaux, les actions menées au niveau national dans ce domaine, n’ont pas beaucoup de sens non plus ».
M. Brunner a également indiqué qu’il avait demandé à la société holding publique, ÖBAG, de commencer à faire pression en faveur d’une indépendance à moyen terme vis-à-vis de la Russie.
Avec plusieurs grandes entreprises énergétiques dans son portefeuille, dont la compagnie pétrolière régionale majeure OMV, le poids du gouvernement ne doit pas être sous-estimé.
Le ministre a ensuite évoqué la fracturation hydraulique comme une solution possible. Il s’agit d’une technologie de production de gaz extrêmement controversée dans un pays soucieux de l’environnement comme l’Autriche.