Un prêtre roumain homophobe candidat aux européennes
Iulian Capsali, un prêtre orthodoxe roumain, a obtenu suffisamment de signatures pour se présenter en tant que candidat indépendant pour les européennes de mai.Traditionnaliste, il compte être « le candidat de la famille roumaine » et faire campagne contre l'avortement et « la culture homosexuelle ».
Iulian Capsali, un prêtre orthodoxe roumain, a obtenu suffisamment de signatures pour se présenter en tant que candidat indépendant pour les européennes de mai.Traditionnaliste, il compte être « le candidat de la famille roumaine » et faire campagne contre l’avortement et « la culture homosexuelle ».
Un prêtre orthodoxe roumain, Iulian Capsali, a réussi à rassembler plus de 120 000 signatures afin de pouvoir se présenter aux élections européennes. Le candidat indépendant ne s’en cache pas, l’Église orthodoxe a largement contribué à son succès.La Roumanie fait partie des sept États membres ( Bulgarie, Chypre, l’Estonie, l’Irlande, Malte et le Royaume-Uni) où des candidats indépendants peuvent se présenter pour les européennes.
En Roumanie, les candidats indépendants doivent recueillir au moins 100 000 signatures. Depuis 1979, douze élections européennes ont eu lieu. En moyenne, les candidats indépendants représentaient 2 % des suffrages exprimés.
Iulian Capsali, qui loge dans un appartement de trois pièces avec sa femme et ses neuf enfants, a déclaré qu’il a décidé de se lancer dans la campagne européenne lorsqu’un pasteur protestant roumain d’origine américaine, Peter Costea, a annoncé son intention de se présenter pour les européennes.
« Quand j’ai vu qu’il était candidat, je me suis dit qu’un pays orthodoxe devait avoir un représentant orthodoxe », a indiqué le prêtre orthodoxe, cité par le quotidien România liber?. Peter Costea, le plus riche candidat pour les européennes, est également un candidat indépendant. Sa fortune personnelle s’élève à 1,6 million d’euros, somme qu’il a pu accumuler lorsqu’il était avocat aux États-Unis.
Iulia Capsali a assuré qu’il avait des relations normales avec les catholiques, sauf avec ceux d’origine grecque, qui sont « agressifs » envers les orthodoxes, à ses yeux. Il se soucie peu du fait que l’Église orthodoxe roumaine ait interdit à ses prêtres d’être membre d’un parti politique ou de mener une campagne électorale. Au contraire, il compte sur l’Église pour lui apporter des voix.
Interrogé sur les intentions de sa candidature, il a répondu qu’il voulait être l’adversaire de ceux qui remettent en question la famille au sein du Parlement européen, par exemple les socialistes, les néomarxistes et les verts.« Même M. Barroso a été un maoïste dans sa jeunesse », a-t-il dit.
« L’idéologie homosexuelle » mène à la destruction de la famille à l’échelle mondiale, a-t-il continué.
« Ils exigent qu’on leur donne des droits aux dépens de nos droits, ceux des familles chrétiennes.Le rapport bien connu de Lunacek [Ulrike Lunacek est un eurodéputé vert autrichien, auteur du rapport de la feuille de route pour les LGBTI] affirme qu’un enfant à sa naissance n’a pas d’identité clairement définie. Elle est fluctuante.Et c’est la famille, la culture et l’environnement qui définissent sa sexualité, ce qui est une erreur. Ils disent par exemple que les garçons devraient porter des jupes », a poursuivi Iulian Capsali.
L’Église orthodoxe est de loin la première religion en Roumanie et compte plus de 21 millions de fidèles à travers le pays. Cependant, jusqu’à aujourd’hui, elle s’était tenue à l’écart de la politique.L’homophobie est un sentiment largement ancré au sein de la société roumaine.Certains politologues considèrent que la tentative d’envoyer un représentant de l’Église orthodoxe au Parlement européen est en fait un galop d’essai pour les élections nationales qui se tiendront en 2016.
Déjà par le passé, il y a eu des velléités pour fonder « un groupe orthodoxe » rassemblant des eurodéputés bulgares, chypriotes, grecs et roumains. Sans succès.