Le Parlement roumain rejette le candidat au poste de Premier ministre et aggrave l'impasse politique
La coalition d'Adrian Veștea n'a pas réussi à obtenir la majorité parlementaire après que l'AUR, parti d'extrême droite, lui a refusé son soutien
BUCAREST – Le Parlement roumain a rejeté lundi la proposition d’Adrian Veștea, homme politique de centre-droit, visant à former un gouvernement, plongeant ainsi le pays dans une nouvelle période d’incertitude politique.
Veștea, dirigeant régional du Parti national-libéral (PNL) désigné par le président Nicușor Dan le 14 juin, n’a recueilli que 189 voix, soit bien moins que les 233 nécessaires pour devenir Premier ministre.
Cette défaite fait suite au refus de l’Alliance pour l’Union des Roumains (AUR), groupe d’extrême droite et deuxième force parlementaire, de lui apporter son soutien. Veștea avait personnellement sollicité le soutien de l’AUR avant le vote, mais le chef du parti, George Simion, a ordonné à ses députés de quitter l’hémicycle dès le début des débats, garantissant ainsi l’échec de la nomination.
« J’ai estimé qu’il était nécessaire de relever ce défi. Je regrette que cela ne se soit pas concrétisé », a déclaré Veștea après le vote, ajoutant que la décision de s’adresser à l’AUR venait de lui-même et non du président Dan.
L’échec du vote a également mis en évidence de profondes divisions au sein du PNL. Le parti n’a pas participé au scrutin de lundi, et le Premier ministre par intérim et chef du PNL, Ilie Bolojan, aurait proposé d’exclure Veștea et ses alliés pour avoir accepté la nomination sans l’accord du parti.
Le président Dan a exclu toute possibilité de permettre à l’AUR de former un gouvernement. Si un deuxième candidat venait également à être rejeté par le Parlement, il aurait la possibilité de convoquer des élections législatives.
Ces remous interviennent alors que les procureurs ont officiellement inculpé la semaine dernière Ciprian Ciucu, un proche allié de Bolojan et maire de Bucarest, pour corruption. Ciucu a nié ces accusations et laissé entendre qu’elles sont motivées par des considérations politiques.
Au cours du week-end, Manfred Weber, président du Parti populaire européen, a félicité Bolojan pour sa réélection à la tête du PNL.
Sebastian Burduja, député du PNL et ancien ministre de l’Énergie, a déclaré que le parti est favorable à « des négociations transparentes au sein de la majorité pro-européenne et démocratique du Parlement » et a averti qu’un gouvernement formé à l’issue de « négociations en coulisses avec des factions politiques anti-UE » affaiblirait tant la Roumanie que le projet européen dans son ensemble.
(cz)