Un projet de rapport européen révèle des lacunes en matière d’infrastructures énergétiques
Les pays de l’UE doivent accélérer la connexion de leurs réseaux gaziers et électriques, selon un projet de rapport de la Commission européenne sur les investissements dans les infrastructures énergétiques. EURACTIV a pu consulter cette ébauche de rapport.
Les pays de l’UE doivent accélérer la connexion de leurs réseaux gaziers et électriques, selon un projet de rapport de la Commission européenne sur les investissements dans les infrastructures énergétiques. EURACTIV a pu consulter cette ébauche de rapport.
L'Estonie, la Lituanie, la Lettonie ainsi que Malte, Chypre, l'Espagne et le Portugal rencontrent des problèmes d’approvisionnement en gaz à cause du manque de connexion de leurs infrastructures avec le reste de l'UE, selon cette ébauche de rapport.
La dépendance vis-à-vis d’un seul fournisseur de gaz est un problème parfois plus grave que rencontrent des pays mieux situés sur le plan géographique comme la Slovaquie, la Bulgarie, la Hongrie et la Roumanie, souligne ce document.
Suite à la crise du gaz entre la Russie et l'Ukraine lors de l’hiver 2008-2009, l'UE a pris plusieurs mesures pour s’assurer que les pays soient mieux connectés et moins vulnérables en cas d'interruption de l'approvisionnement par la Russie (voir « Contexte »). Quelques années plus tard, il semblerait que peu de progrès ont été réalisés, et ce malgré les fonds rendus disponibles.
Les pays baltes doivent connecter leurs marchés énergétiques aux autres réseaux gaziers de l'UE afin de renforcer la sécurité d'approvisionnement. Une étude de risque est actuellement menée sur les interconnexions gazières avec l'Estonie et la Lituanie. Le gazoduc Baltic Connector entre la Pologne et la Lituanie fait également l’objet d’une évaluation, selon le document de la Commission.
La Bulgarie doit mener à bien ses projets d'investissement en cours sur les interconnecteurs gaziers avec la Roumanie, la Serbie et la Grèce. Elle doit également rendre l'inversion des flux possibles pour son interconnecteur avec la Turquie, estime l'exécutif européen.
« Il est nécessaire que la Bulgarie joue également un rôle plus proactif dans le développement du corridor Sud pour le gaz, qui pourrait permettre de diversifier les sources d'approvisionnement », souligne la Commission. Le corridor Sud pour le gaz regroupe plusieurs projets concurrents dont le but est d’acheminer du gaz naturel vers l'Europe depuis le site de Shah Deniz II en Azerbaïdjan.
Jusqu'à présent, la Bulgarie s'est engagée avec South Stream, un projet soutenu par Gazprom et souvent perçu comme un concurrent du corridor Sud pour le gaz.
Le gaz bloqué à la frontière allemande
L'exécutif européen montre également du doigt l'Allemagne et l'appelle à renforcer l'interconnectivité du gaz acheminé à partir de la Russie via le gazoduc Nord Stream, opérationnel depuis 2011. Les Allemands sont également invités à développer la capacité de transport nord-sud et est-ouest.
« Une importante quantité de gaz reste bloquée à la frontière [allemande] avec le Danemark (Ellund) et la Pologne (Lasow) en Allemagne du Sud et sur l'itinéraire nord-sud », peut-on lire dans ce document.
Le rapport de la Commission affirme également que :
- la Hongrie doit augmenter sa capacité de transit gazier transfrontalier, car elle ne suffit actuellement pas à garantir l'intégration du marché national au niveau régional ;
- l'Italie devrait développer le gazoduc TAP (Trans Adriatic Pipeline) qui, selon la Commission, « constitue la branche italienne du corridor Sud pour le gaz » ;
- la Pologne manque de diversification comme 90 % de son gaz provient de Russie. « Les récentes interconnexions avec la République tchèque et l'Allemagne améliorent toutefois la situation », ajoute la Commission ;
- l'Espagne devrait renforcer ses interconnexions gazières avec la France et le Portugal et développer le couloir Afrique-Espagne-France.
Défis à relever dans le secteur de l'électricité
La Commission a également émis des recommandations par pays pour le secteur de l'électricité. Les messages les plus pressants ont été adressés aux États baltes, d’anciennes républiques soviétiques dont les réseaux sont fortement interconnectés avec la Russie et la Biélorussie.
L'Estonie est exhortée à poursuivre le développement de ses connexions électriques avec la Finlande. Quant à la Lettonie, elle devrait renforcer son réseau national afin de pouvoir transporter de l'électricité en provenance de Suède, de Finlande ou de Pologne. En ce qui concerne la Lituanie, les interconnecteurs d'électricité avec la Suède (prévu pour 2015) et la Pologne (2016) permettront au pays de se connecter au réseau européen, souligne la Commission.
La Bulgarie et la Hongrie sont elles aussi invitées à augmenter leur capacité transfrontalière afin de faciliter les échanges avec les pays voisins.
De même, il est conseillé à l'Espagne et à la France d'améliorer leur capacité d'échange transfrontalier. L'Italie et la Pologne, dont les réseaux nationaux sont trop encombrés, devraient accélérer le développement de ces réseaux et renforcer les interconnexions avec les marchés voisins.
En Allemagne, l'extension de l'axe nord-sud et les connexions transfrontalières sont considérées comme nécessaires, notamment au vu de la capacité réduite du sud du pays, une situation liée à la fermeture de centrales nucléaires et au développement des installations d’énergies renouvelables dans la mer Baltique et la mer du Nord.
Le document de la Commission s'est appuyé sur des informations fournies par les États membres et d'autres sources. Selon ce rapport, seule la Bulgarie n'a fourni aucune information.