Une eurodéputée polonaise accuse les Russes de ne pas respecter la vie humaine

Ró?a Gräfin von Thun und Hohenstein, une eurodéputée polonaise du groupe de centre droit PPE, a déclaré et répété que les Russes appartenaient à une culture différente et n’avaient aucun respect pour les vies humaines, à l'occasion d'un évènement public le 17 mars.

EURACTIV.com
Ró?a Gräfin von Thun und Hohenstein [European Parliament]
Ró?a Gräfin von Thun und Hohenstein [European Parliament]

Ró?a Gräfin von Thun und Hohenstein, une eurodéputée polonaise du groupe de centre droit PPE, a déclaré et répété que les Russes appartenaient à une culture différente et n’avaient aucun respect pour les vies humaines, à l’occasion d’un évènement public le 17 mars.

« Ceux qui n’ont jamais été en contact avec des Russes ne se rendent pas compte à quel point leur culture est différente », a déclaré l’eurodéputée Ró?a Gräfin von Thun und Hohenstein, ajoutant qu‘ils n’avaient aucun respect pour la dignité des êtres humains et que la vie n’avait aucune valeur à leurs yeux.

L’eurodéputée polonaise, membre du PPE, a pris la parole en tant qu’invitée lors de la présentation d’un livret intitulé La Renaissance de l’Occident publié par le Martens Centre, le groupe de réflexion du Parti populaire européen (PPE). 

Critique du peuple russe

EURACTIV lui a demandé de clarifier ses propos, et peut-être de préciser qu’elle critiquait l’élite russe au pouvoir et non le peuple russe en général. L’eurodéputée polonaise a répondu qu’elle faisait bien référence aux Russes en général.

« Nous avons des cultures différentes », a-t-elle répété avant de continuer : « Si vous lisez de la littérature, si vous écoutez les intervenants aujourd’hui, si vous observez l’organisation des armées lors des guerres, vous verrez que la valeur de la vie humaine est perçue différemment à l’ouest et à l’est de l’Europe ».

Alors qu’elle s’apprêtait à développer ses propos, le modérateur s’est empressé de l’interrompre pour préciser que bien sûr elle parlait « du système de gouvernance ». L’invitée ne s’est toutefois pas laissé perturber, et a poursuivi :

« Bien sûr, il s’agit d’un régime autoritaire, et l’une des grandes caractéristiques d’un régime autoritaire est que l’individu n’est pas respecté.  Et […] la pratique de la religion est très différente, il existe une attitude et des valeurs différentes vis-à-vis de la vie humaine. Sans vouloir offenser qui que ce soit, nous sommes très différents culturellement. »

Guerre froide

Un des auteurs, Roland Freudenstein, a également pris la parole rapidement pour assurer qu’il ne partageait pas l’avis de la Polonaise. « Laissez-moi en venir à cette question culturelle. Y a-t-il quelque chose dans l’ADN russe qui les rend incapables d’être démocratiques ? Non, et ce n’est pas ce que Ró?a a voulu dire », a indiqué l’auteur en parlant à la place de l’eurodéputée.

La présentation du livret a également été marquée par la critique d’un autre invité, Fraser Cameron, le directeur du Centre UE-Russie, qui a été vivement applaudi par une audience largement orientée PPE.

Fraser Cameron, qui par le passé a travaillé à la Commission, a déclaré que le livret, qui suggère à l’UE de se préparer à une longue guerre froide, ne présente pas la situation sous un angle assez large et ne reconnaît pas que l’Ouest s’est trompé sur certains sujets importants. 

« Il n’y aucune référence aux conséquences de la guerre en Irak, qui, selon moi, était un véritable désastre pour l’Occident et pour son image dans le monde. Et je ne parle pas de l’Afghanistan ou encore de la réponse occidentale au printemps arabe », a déclaré Fraser Cameron.

Orbán et Saakashvili

« On impose des sanctions à la Birmanie, mais pas à l’Arabie saoudite », a-t-il rappelé, ajoutant que « si nous n’avons pas pu résoudre le problème du nom de la Macédoine ces 20 dernières années, si on ne peut pas résoudre la question de la baie de Piran [conflit entre la Croatie et la Slovénie concernant les eaux territoriales], alors comment pourrions-nous résoudre les plus grandes problématiques internationales ? Soyons plus modestes sur ce que l’UE peut ou ne peut pas faire », a estimé Fraser Cameron. 

« Soyons un peu autocritiques sur les problèmes de nos États membres. […] Soyons un peu durs envers Orbán et envers Saakashvili », a poursuivi Fraser Cameron, faisant ainsi référence aux tendances antidémocratiques en Hongrie et aux faux pas du président géorgien qui ont mené à la guerre de Géorgie en 2008. Les deux dirigeants font partie du PPE.