Une ministre autrichienne attise la crainte d'un renflouement pour l'Italie

La ministre autrichienne des finances a déclaré que l'Italie aurait besoin d'un sauvetage financier en raison de coûts d'emprunt trop élevés. Le premier ministre italien, Mario Monti, s'est empressé de nier ces affirmations hier (12 juin).

EURACTIV.com / Reuters
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La ministre autrichienne des finances a déclaré que l'Italie aurait besoin d'un sauvetage financier en raison de coûts d'emprunt trop élevés. Le premier ministre italien, Mario Monti, s'est empressé de nier ces affirmations hier (12 juin).

L'évaluation qu'a faite Maria Fekter de la situation de la troisième économie de la zone euro a attisé la peur des investisseurs qui craignent que l'Europe soit encore loin d'être sortie de l'auberge. Le ministre néerlandais des finances, Jan Kees de Jager, a relayé ces propos, affirmant que la zone euro était encore loin d'être stable.

 

 

Les ministres des finances de la zone euro ont décidé samedi de prêter jusqu'à 100 milliards d'euros à l'Espagne pour qu'elle recapitalise ses banques, mais nombreux sont ceux qui voient cette décision comme un nouveau pansement.  Les rendements obligataires à 10 ans de l'Espagne ont grimpé à 6,81 %, leur plus haut niveau depuis l'introduction de l'euro en 1999.

 

Le fonds de sauvetage de la zone euro, qui a déjà soutenu la Grèce, le Portugal, l'Irlande et bientôt l'Espagne, pourrait se révéler insuffisant pour aider l'Italie, a expliqué Mme Fekter lors d'une interview télévisée lundi soir.

 

« L'Italie doit sortir de son dilemme économique de déficit et de dette très élevés, mais il est possible qu'étant donné les taux exorbitants que paye l'Italie pour se refinancer sur les marchés, elle ait également besoin d'aide », a-t-elle ajouté.

 

Elle a tenu à tempérer ses propos hier, précisant qu'elle n'avait reçu aucune information sur une demande d'aide quelconque pour l'Italie.

 

M. Monti, interrogé par la télévision allemande sur l'éventualité que son pays ait besoin d'un renflouement, a répondu : « Je ne pense pas. »

 

Il n'a pas manqué de qualifier les commentaires de Mme Fekter de « totalement inappropriés » pour une ministre européenne des finances. Des fonctionnaires de la zone euro ont également affirmé que ces propos ne contribuaient vraiment pas à apaiser la situation.

 

Dans le même temps, M. Monti a rencontré les chefs des partis qui le soutiennent au parlement et leur a demandé de s'unir pour aider l'Italie à traverser la tempête qui la frappe de plein fouet sur les marchés.

 

Il a expliqué dans un communiqué qu'il était inquiet de l'urgence de la situation sur les marchés financiers et qu'il avait dit aux chefs de partis que de la cohésion était nécessaire pour surmonter cette situation critique et donner une image d'unité à l'étranger.

 

Son gouvernement devra affronter trois votes de confiance aujourd'hui sur un texte de loi relatif à la lutte contre la corruption, vivement contesté par certains membres de sa propre coalition.

 

Dans cette cacophonie générale, les rendements obligataires de l'Italie ont encore grimpé, dans la mesure où l'accord sur les banques espagnoles n'est pas parvenu à rassurer les marchés sur la capacité de Madrid à se financer elle-même, alimentant les craintes d'une contagion encore plus importante.

 

José Manuel Barroso appelle à une union bancaire

 

Hier, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne Christian Noyer et le ministre français des finances, Pierre Moscovici, ont tous appelé à la création d'une union bancaire dans la zone euro.

 

M. Barroso a expliqué au Financial Times qu'un superviseur bancaire, un système de garantie des dépôts et un fonds de résolution des défaillances bancaires pourraient être mis en place en 2013 sans impliquer de modification des traités de l'UE.

 

L'Allemagne rejette jusqu'à présent l'idée d'un système de garantie des dépôts ou d'un fonds de résolution, au motif qu'il faudrait alors modifier les traités.

 

La Bundesbank a en outre affirmé qu'une union bancaire européenne ne pourrait être avantageuse qu'une fois ancrée dans une union budgétaire avec le pouvoir d'empêcher les pays d'enfreindre les règles.