Vers le renflouement européen des banques espagnoles ?
Longtemps exclue par le gouvernement de Mariano Rajoy, l’idée d’une aide européenne au secteur bancaire en difficulté est à nouveau évoquée.
Longtemps exclue par le gouvernement de Mariano Rajoy, l’idée d’une aide européenne au secteur bancaire en difficulté est à nouveau évoquée.
Le dénouement de la crise bancaire espagnol se rapproche. Mardi 5 juin, le ministre du Tresor Cristobal Montoro a admis que son pays n’avait, de fait, plus accès aux marchés financiers. « La prime de risque signifie que l’Espagne n’a pas d’accès au marché », a-t-il déclaré sur la radio Onda Cero.
Il a également expliqué que son pays aurait besoin de renflouer ses banques à l’aide d’un « mécanisme européen ». Cette déclaration va à l’encontre de la ligne du gouvernement, qui a, jusqu’à présent, insisté sur sa capacité à s’en sortir seul.
Négociations en cours
Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a souligné, mardi 5 juin, que l’Espagne n’avait pas encore demandé d’assistance financière à l’Union européenne.
Mais des négociations sur une éventuelle aide du Fonds européen de stabilité financière (FESF) sont en cours. Il serait question de verser directement de l’argent au fonds de renflouement espagnol « Forb » dont les capacités ne suffissent plus pour stabiliser le secteur bancaire, rapporte le quotidien allemand « Süddeutsche Zeitung », mercredi 6 juin.
En revanche, le gouvernement de Mariano Rajoy serait contraint d’aborder les problèmes sous-jacents de la crise bancaire de l’Espagne en liquidant, si nécessaire, certains instituts bancaires, écrit le journal.
Toutefois, l’Union européenne n’exigerait pas de nouvelles mesures en matière de politique budgétaire ou de réformes structurelles. L’Europe reconnaitrait ainsi la spécificité de la crise espagnole par rapport à celle qui ravage la Grèce.
Madrid hésite à demander officiellement de l’aide européenne et internationale, par crainte des mesures que pourraient lui imposer, en contrepartie, le reste de l’Europe et le Fonds monétaire international.
Eurobonds
Reste que l’interprétation des propos du ministre espagnol du Trésor peut prêter à confusion. Le même jour, le chef du gouvernement espagnol a en effet appelé les Européens à faire un pas vers plus d’intégration.
Dans un discours devant le Sénat, mardi 5 juin, Mariano Rajoy a plaidé pour la création d’une union budgétaire et bancaire, mais aussi pour la mutualisation de la dette des États européens à travers les eurobonds.
Certains gouvernements européens, dont l’Allemagne, s’opposent à ce que le mécanisme européen de sauvetage FESF, et son successeur le « MES », prêtent directement aux banques en difficultés.
Cette position a été réitérée, mercredi 6 juin, par le chef du groupe parlementaire de la CDU, le parti de la chancelière Angela Merkel. Seul un pays peut soumettre une demande d’aide, a souligné ce député influent.
Le gouvernement français voudrait, quant à lui, permettre aux mécanismes de sauvetage de prêter directement aux banques en difficultés.