Vers un réchauffement des relations slovaquo-hongroises ? [FR]

Alors qu’une loi linguistique controversée doit entrer en vigueur aujourd’hui en Slovaquie, les ministres des Affaires étrangères slovaque et hongrois se sont rencontrés dimanche (30 août) dans une tentative de dénouer un conflit ayant éclaté entre les deux partenaires d’Europe de l’Est, selon EURACTIV Allemagne et EURACTIV Hongrie.

Alors qu’une loi linguistique controversée doit entrer en vigueur aujourd’hui en Slovaquie, les ministres des Affaires étrangères slovaque et hongrois se sont rencontrés dimanche (30 août) dans une tentative de dénouer un conflit ayant éclaté entre les deux partenaires d’Europe de l’Est, selon EURACTIV Allemagne et EURACTIV Hongrie.

La rencontre prévue entre les ministres des Affaires étrangères slovaque Miroslav Laj?ák et son homologue hongrois Péter Balázs dans la ville slovène de Bled devait ouvrir la voie à une possible rencontre entre les premiers ministres slovaque et hongrois, respectivement Robert Fico et Gordon Bajnai, afin de trouver des solutions à apporter pour réchauffer leurs relations bilatérales. 

Cela ne fut pas une conversation facile, a admis M. Laj?ák après la réunion, dont l’issue est restée inconnue. La réunion avait pour but, selon M. Laj?ák, de restaurer et régulariser les relations entre les deux pays. M. Laj?ák aurait aussi mis l’accent sur le fait que la loi ne visait pas à discriminer la minorité ethnique hongroise et que la Slovaquie n’avait rien à cacher sur la mise en application de cette loi, a affirmé Peter Stano, le porte-parole du ministre slovaque, à l’agence de presse hongroise MTI. 

Les deux ministres auraient aussi discuté du renforcement des forums bilatéraux actuels tels que les commissions mixtes, et la coopération entre les comités parlementaires, a ajouté M. Stano. 

La réunion de dimanche était attendue depuis longtemps, puisque les réunions précédentes avaient été annulées en raison de la détérioration des relations entre les deux pays. La relance du dialogue entre MM. Fico et Bajnai était prévue pour juillet, mais un conflit a éclaté qui a creusé le fossé entre les deux pays voisins. 

Le litige s’est répandu au sein des cercles intellectuels du monde entier, puisqu’une déclaration conjointe publiée par des ecclésiastiques, des intellectuels et des universitaires a sommé l’opinion publique européenne et les décideurs politiques d’Europe et de l’Atlantique Nord de s’opposer à la loi, dans une tentative de d’empêcher les relation entre les deux pays d’atteindre un point de non retour. 

Cette déclaration critiquait la loi comme étant une infraction aux droits de l’homme et elle appelait les individus attachés à la liberté à soutenir ce geste contre la législation. C’est un droit essentiel de chacun de communiquer avec ceux qui parlent le même langage dans leur langue commune. 

Nous croyons en une Europe dans laquelle les citoyens peuvent vivre librement, sans peur et sans atteintes à la dignité humaine, a ajouté la déclaration. 

Parmi les signataires de la déclaration, on trouve les anciens et actuels présidents de l’Académie hongroise des Sciences, Jozsef Palinkas et E. Szilveszter Vizi, l’archevêque catholique romain Balázs Babel et l’évêque catholique calviniste, Istvan Bogardi Szabo, l’historienne australienne Ann Major, le professeur d’histoire américain Charles Ingrao de l’Université de Purdue, le poète israélien Yaakov Barzilai et le professeur de littérature américain Ivan Sanders de l’Université de Columbia.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Balázs a déclaré à Euractiv Allemagne que le conflit linguistique ressemblait à un litige similaire porté devant la Cour constitutionnelle allemande. La France et le Canada ont aussi connu des expériences similaires en matière de préservation des langues nationales. Dans ces deux pays, il existe des amendes légales visant à ce que l’usage du français soit appliqué. Et dans ces deux cas, les cours supérieures ont demandé aux parlements de définir un équilibre entre la protection d’une langue nationale et la protection des droits de l’individu à la liberté d’expression et de religion.

Le Conseil constitutionnel de la République française en est un exemple typique. Le droit français prévoit plusieurs sanctions en cas d’utilisation de langues étrangères, et ce même dans la sphère privée. Le Conseil aurait pris plus de sanctions que tout autre organisme du même type. 

M. Balázs a découvert un cas similaire pendant devant la Cour suprême du Canada dans lequel le premier projet de Charte de la langue française fut remplacé par une nouvelle loi imposant l’usage du français mais sans exclure l’usage d’autres langues.