Veto européen : la Macédoine du Nord prête à discuter avec la Bulgarie

La Macédoine du Nord, qui a déjà dû changer son nom pour entrer dans l’OTAN, s’est dite prête vendredi 23 mai à discuter avec la Bulgarie pour tenter de lever le veto européen de Sofia, qui exige de Skopje la reconnaissance d’une minorité bulgare.

EURACTIV France avec AFP
EU Foreign Policy chief Kaja Kallas visits North Macedonia
Le Premier ministre de la Macédoine du Nord, Hristian Mickoski , et la Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, à Skopje, en République de Macédoine du Nord, le 23 mai 2025. [EPA-EFE/GEORGI LICOVSKI]

La Macédoine du Nord, qui a déjà dû changer son nom pour entrer dans l’OTAN, s’est dite prête vendredi 23 mai à discuter avec la Bulgarie pour tenter de lever le veto européen de Sofia, qui exige de Skopje la reconnaissance d’une minorité bulgare.

La Bulgarie bloque depuis 2020 l’accession de sa voisine à l’Union européenne à cause de contentieux linguistiques et historiques et exige, pour lever son veto, que la Macédoine du Nord modifie sa Constitution pour y reconnaître sa minorité bulgare.

Skopje, qui a entamé les négociations d’adhésion en 2022, « veut une solution » a expliqué son Premier ministre, Hristian Mickoski (VMRO-DPMNE, droite), lors d’une conférence de presse commune avec la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.

Le pays est « fatigué des blocages successifs », a ajouté Hristian Mickoski, « et nous sommes tout à fait prêts à des discussions bilatérales, dans le cadre de l’OTAN. Quiconque veut aider, nous sommes prêts à discuter et à accepter toute forme de médiation. Nous voulons une solution. Une solution à long terme ».

Le Premier ministre a toujours été clair : il n’envisagera pas de changement constitutionnel sans garantie que plus aucun veto ne sera apposé à la candidature de son pays.

Les responsables nord-macédoniens et bulgares pourraient en discuter lors du sommet de l’OTAN à la Haye fin juin, a-t-il précisé.

Kaja Kallas a encouragé la tenue de ces discussions, voyant une « marge de manœuvre » dans la période actuelle.

« Il est clair que nous voulons que la Macédoine du Nord avance réellement sur la voie [européenne], et nous savons qu’il y a des obstacles sur ce chemin », a-t-elle dit. « Nous en avons discuté pour trouver des mécanismes efficaces pour surmonter ces obstacles. »

La Macédoine a dû changer de nom en 2018 en acceptant d’ajouter la mention géographique « du Nord » — pour la distinguer de la province grecque de Macédoine —, afin de mettre fin à une querelle de longue date avec la Grèce, qui bloquait pour cette raison son adhésion à l’OTAN et, déjà, ses négociations d’adhésion à l’UE.