Victoire absolue de la droite espagnole

Sanctionnés pour leur gestion chaotique de la crise, les socialistes essuient une défaite cuisante à l’issue des élections générales qui se sont tenues le 20 novembre. La droite triomphe et les petits partis progressent, reflet du changement que les Espagnols appellent de leurs vœux.

EURACTIV.fr
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Sanctionnés pour leur gestion chaotique de la crise, les socialistes essuient une défaite cuisante à l’issue des élections générales qui se sont tenues le 20 novembre. La droite triomphe et les petits partis progressent, reflet du changement que les Espagnols appellent de leurs vœux.

C’est un scrutin qui mobilise tous les superlatifs, où le succès historique du parti populaire (PP) de Mariano Rajoy devient la défaite sans précédent des socialistes espagnols (PSOE) emmenés par Alfredo Rubalcaba. Avec 186 sièges remportés au Congrès, 32 députés supplémentaires vont pouvoir gonfler les rangs du PP. Les troupes socialistes cumulent au contraire les pertes : 59 élus sont éjectés de la chambre basse.

Au Sénat, le contraste est encore plus saisissant. La droite rafle 136 sièges, laissant seulement 48 élus au PSOE. A l’échelle nationale, le désaveu infligé aux socialistes est indéniable : 2011 restera l’année où le PSOE a perdu 4,5 millions d’électeurs. Forte de sa majorité absolue aisément acquise, la droite n’enregistre cependant qu’un gain limité de 135 000 électeurs.

Le vote sanction que subit le PSOE profite aux petits partis dont la percée atténue le bipartisme caractéristique des hémicycles espagnols. L’Izquierda unida (gauche unie) et l’Upyd (Union Progrès et Démocratie), voient leurs effectifs quintupler au sein du Congrès, avec respectivement 5 et 11 députés. La progression de l’Upyd, partisane d’une plus grande centralisation du pouvoir contraste avec les très bons scores réalisés par les partisans nationalistes catalans et basque.

« Faire la guerre à la crise »

La victoire de la droite a été immédiatement saluée par le président Nicolas Sarkozy, qui a adressé ses “plus vives félicitations” à Mariano Rajoy. “Les relations d’amitié anciennes et denses qu’entretiennent l’Espagne et la France sont exceptionnelles. Je pense bien sûr à notre lutte commune contre le terrorisme. Je pense aussi, dans cette période particulièrement difficile, aux défis que nous relevons ensemble, pour bâtir l’avenir de nos peuples, au sein de l’Union européenne ou encore du G20”, écrit-il dans une lettre adressée au successeur de José Luis Zapatero.

La gestion chaotique de la crise reprochée à ce dernier provoque aujourd’hui une remise en question profonde au sein du PSOE. Un congrès a d’ores et déjà été annoncé pour février 2012, afin de remettre à plat l’avenir du parti.

Mariano Rajoy, qui s’installera à La Moncloa (siège de la présidence du gouvernement) en décembre, a fait entendre son principal mot d’ordre : “Faire la guerre à la crise”. Une convocation des présidents des communautés autonomes est déjà prévue, dans un contexte où l’endettement des régions espagnoles inquiète de plus en plus.

L’Espagne sort du club des pays européens gouvernés par la gauche, aujourd’hui restreint à la Slovénie, au Danemark, à l’Autriche et à Chypre.