Victoire des partis traditionnels aux Pays-Bas
Les libéraux et les travaillistes ont raflé la mise aux législatives néerlandaises du 12 septembre. Les extrêmes ne joueront pas le rôle d’arbitre, mais la formation d’un gouvernement pourrait prendre du temps.
Les libéraux et les travaillistes ont raflé la mise aux législatives néerlandaises du 12 septembre. Les extrêmes ne joueront pas le rôle d’arbitre, mais la formation d’un gouvernement pourrait prendre du temps.
Après le dépouillement de plus de 90% des bulletins du scrutin du 12 septembre, le parti libéral (VVD) devrait obtenir 41 des 150 sièges de la chambre basse néerlandaise. Une belle victoire pour son chef de file, le premier ministre sortant Mark Rutte, tout juste âgé de 45 ans. Il améliore son score de 2010 de 10 sièges.
Politique d’austérité
Il est talonné de près par le parti travailliste qui raflerait 39 sièges. Un autre succès incontestable pour son nouveau dirigeant, Diecerick Samsom (41 ans), qui a fait renaître le PvdA de ses cendres après les revers des années précédentes. Dès l’annonce des premiers résultats, il a reconnu la victoire de Mark Rutte et l’a appelé pour le féliciter.
Si ces deux formations arrivent à se mettre d’accord sur un programme de gouvernement, elles disposeront d’une large majorité pour gouverner. Les deux partis se sont présentés lors des élections comme « pro-européens », car ils sont en phase avec les décisions prises ses derniers mois à Bruxelles. Le VVD a surtout insisté sur le fait qu’il comptait maintenir sa politique de rigueur et de fermeté envers les pays du Sud et qu’il n’était pas question de donner plus d’argent à la Grèce.
Chute de Wilders
Placés en outsiders par tous les sondages avant un net recul quelques jours avant le scrutin, les socialistes arrivent seulement en quatrième position avec moins de 10% des voix et devraient obtenir une quinzaine de sièges. Leur programme reposait sur un rejet de l’orientation actuelle de l’Union européenne et du traité budgétaire.
La plus cuisante défaite de la soirée est celle du leader populiste Geert Wilders. Pendant des années, le Parti de la Liberté a assis son succès sur une rhétorique anti Islam et anti immigration. Le choix de Wilders d’orienter cette fois sa campagne sur une sortie des Pays-Bas de l’UE et de l’euro a été sanctionné par les électeurs, le faisant passer de 23 à 15 sièges. L’homme a déjà promis de récupérer le terrain perdu aux prochaines élections et a souligné que son parti restait le 3e du pays.
Temps des négociations
D’autres formations vont compléter la nouvelle assemblée nationale néerlandaise : 13 députés chrétiens-démocrates (CDA), 12 sociaux-libéraux (D66), 5 chrétiens conservateurs (CU), 3 chrétiens fondamentalistes (SGP), 2 représentants du parti des animaux (PvdD), 2 membres du parti des retraités (50+).
En fonction des combinaisons, deux ou trois partis seront nécessaires à la formation d’un gouvernement. Après les élections de mai 2010, il a fallu trois mois de négociations pour y arriver. Le VVD s’était allié avec le CDA et avait obtenu un soutien de l’extérieur du PVV. C’est ce dernier qui a provoqué sa chute en refusant de soutenir les coupes budgétaires nécessaires au maintien des déficits publics dans les limites autorisées par les règles européennes.
Malgré les appels à l’union nationale lancés par les responsables des partis victorieux, la conclusion d’un accord de coalition pourrait nécessiter plusieurs semaines de tractations.