Viktor Orbán compare l’UE à un projet hitlérien : tollé en République tchèque

La récente comparaison du Premier ministre hongrois Viktor Orbán entre l’intégration européenne et les plans d’Hitler a été contestée par le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Lipavský, qui a rétorqué que personne n’obligeait la Hongrie à faire partie de la communauté européenne.

EURACTIV République tchèque
Signing ceremony of Strategic Partnership Agreement on green energy between Azerbaijan, Georgia, Hungary and Romania
Le gouvernement hongrois doit assurer la présidence semestrielle du Conseil des ministres de l’UE à partir de juillet 2024, moins d’un mois après les prochaines élections européennes.

La récente comparaison du Premier ministre hongrois Viktor Orbán entre l’intégration européenne et les plans hitlériens a été fortement contestée par le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Lipavský, qui a rétorqué dimanche (14 mai) que personne n’obligeait la Hongrie à faire partie de la communauté européenne.

Même Adolf Hitler aurait rêvé de l’unité européenne et a évoqué par la suite l’idée d’une « union toujours plus étroite », a déclaré M. Orbán à Veszprém, dans l’ouest de la Hongrie, vendredi (12 mai), ce qui a suscité des critiques de la part de la République tchèque.

« Personne n’oblige les Hongrois à faire partie de cette communauté s’ils se sentent mal à l’aise », a affirmé le ministre tchèque des Affaires étrangères, M. Lipavský, lors d’un débat télévisé sur la chaîne Télévision tchèque, dimanche.

Par ailleurs, la commissaire européenne tchèque Věra Jourová en charge des Valeurs et de la Transparence, qui participait aussi à l’émission, a révélé que les Hongrois évitaient de prendre des photos avec elle à Bruxelles afin de ne pas être « persécutés chez eux ».

Interrogée par un modérateur pour savoir si elle considère toujours la Hongrie comme un pays démocratique, elle a répondu : « J’ai des doutes de longue date à ce sujet ».

Toutefois, elle a souligné que, malgré la rhétorique de M. Orbán, certains diplomates hongrois sont toujours ouverts à un éventuel compromis sur les questions nécessitant un vote à l’unanimité au niveau de l’UE, telles que les sanctions.

« Il y a également des fonctionnaires hongrois professionnels et travailleurs qui négocient avec nous sur l’introduction de réformes dans le système judiciaire ou les marchés publics », a indiqué Mme Jourová, ajoutant que l’approche des fonctionnaires hongrois montre que le pays « a désespérément besoin d’argent ».

Lors du débat télévisé, Vera Jourová a également déclaré que certains étudiants, enseignants ou organisations hongrois qui lui rendent visite à Bruxelles « souhaitent garder ces réunions secrètes », de peur de souffrir de représailles.