Wolfgang Schäuble estime que « signer des chèques » n'aidera pas l'Europe
Alors que la croissance allemande montre des premiers signes de faiblesse, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble reste opposé à une politique de relance sur la dépense publique.
Alors que la croissance allemande montre des premiers signes de faiblesse, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble reste opposé à une politique de relance sur la dépense publique.
La faible croissance de la zone euro ne peut être ranimée par des mesures de relance financées par la dépense publique, a déclaré jeudi le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, affirmant également qu’il fallait accorder davantage de priorité à l’investissement.
« Signer des chèques » n’est pas le bon moyen de relancer la croissance dans la zone euro, a-t-il expliqué, exhortant la France et l’Italie à accélérer les réformes structurelles.
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« Dès que la France et l’Italie mettront en œuvre des réformes structurelles d’ampleur, la situation en Europe changera », a-t-il déclaré. « Nous autres Européens devons devenir plus forts, nous devons générer plus de croissance; je suis tout à fait d’accord mais on n’y arrivera pas en signant des chèques ».
Ralentissement de l’économie allemande
Les exportations allemandes ont baissé de 5,8% en août, leur recul le plus marqué depuis janvier 2009, confirmant ainsi le ralentissement de la première économie européenne.
« Nous n’avons pas de récession en Allemagne; nous avons un affaiblissement de la croissance », a également déclaré le ministre, en marge des assemblées générales du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, attribuant cet affaiblissement essentiellement aux sanctions qui frappent la Russie, pour son implication dans le conflit ukrainien, et à d’autres risques géopolitiques.
Le Fonds monétaire international (FMI) a de nouveau revu en baisse ses prévisions de croissance de l’économie mondiale pour tenir compte du début 2014 encore plus faible que prévu précédemment, tout particulièrement dans la zone euro et au Japon, mais aussi de l’impact des tensions géopolitiques.
Le FMI a également sabré ses prévisions de croissance pour l’Allemagne, les ramenant à 1,4% en 2014 et 1,5% en 2015, tandis que les grands instituts de conjoncture allemands ont fait de même en projetant dorénavant 1,3% et 1,2% de croissance respectivement
Sa directrice générale Christine Lagarde a dit jeudi 9 octobre que l’Allemagne et les États-Unis avaient la possibilité d’investir davantage dans des projets de grands travaux, porteurs de croissance.
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Mais Berlin a toujours résisté aux pressions de ses partenaires économiques qui voudraient voir l’Allemagne augmenter ses dépenses, rejetant toute mesure susceptible d’augmenter l’endettement public.
Jyrki Katainen pousse à l’investissement
De son côté, l’ancien Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, qui prendra ses fonctions de vice-président de la Commission européenne chargé de l’emploi, de la croissance, l’investissement et la compétitivité, le 1er novembre, estime que de nombreux pays ont trop réduit leurs investissements dans le cadre de leurs politiques d’assainissement budgétaire.
« Des pays comme l’Allemagne, qui ont des excédents au niveau des paiements courants, peuvent se permettre d’investir davantage, non seulement parce que cela stimulera l’économie de l’Union européenne, mais aussi qu’ils doivent faire attention à leur future croissance économique », a déclaré le futur vice-président dans un entretien accordé à Reuters en marge des réunions d’automne du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
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L’investissement en Allemagne baisse régulièrement depuis 20 ans. Il représentait environ 20% du produit intérieur brut (PIB) du pays à la fin des années 1990. Il n’en représente plus désormais qu’un peu plus de 17%, selon le groupe de réflexion Centre for European Reform.
« Notre message est que les pays à excédent devraient investir dans leur avenir », déclare Katainen. Pour lui, l’investissement doit se porter avant tout sur la recherche et le développement et sur les infrastructures.