Zone euro : quasi-stagnation de l'activité économique en avril
Selon les résultats d'un sondage mensuel mené auprès des directeurs d'achat (PMI), l'activité économique de la zone euro a stagné en avril, sur fond d'incertitude économique liée, entre autres, aux droits de douane américains.
Selon les résultats d’un sondage mensuel mené auprès des directeurs d’achat (Purchasing Managers’ Index, PMI) publiés ce mercredi 23 avril, l’activité économique de la zone euro a stagné en avril, alors que les droits de douane imposés par Donald Trump et l’incertitude quant aux politiques futures ont porté un nouveau coup dur à une économie déjà affaiblie.
L’indice composite des directeurs d’achat (indice PMI) de la zone euro, qui mesure l’activité économique globale dans le secteur manufacturier et des services de la zone euro, est passé de 50,9 à 50,1 entre mars et avril, soit juste au-dessus du seuil de 50 points qui sépare la croissance de la contraction.
L’Allemagne, première économie de la zone euro, est entrée en récession pour la première fois depuis le début de l’année, son indice PMI passant de 51,3 à 49,7.
En ce qui concerne la France, deuxième économie de la zone, son activité s’est contractée pour le huitième mois consécutif, passant de 48,0 en mars à 47,3 en avril.
Berlin et Paris ont toutes deux affiché une « tendance similaire » de résilience générale dans le secteur manufacturier, accompagnée d’un fort recul au niveau des services, explique Cyrus de la Rubia, économiste en chef à la Hamburg Commercial Bank, qui compile l’indice en collaboration avec S&P Global.
La faiblesse « plus prononcée » de la France est probablement le résultat des « paysages politiques contrastés » des deux pays, analyse-t-il.
« En France, il existe un risque constant d’effondrement du gouvernement dans un contexte de fragilité lié à la dette, tandis qu’en Allemagne, il est possible qu’un nouveau gouvernement opérationnel, disposant d’une marge de manœuvre budgétaire importante, soit formé à partir du mois de mai », note l’économiste.
Il a toutefois souligné que les récentes promesses des pays européens d’augmenter leurs dépenses de défense constituaient un « facteur positif » pour la croissance future.
La récente chute des prix du pétrole, alimentée par les craintes des marchés d’une récession induite par les droits de douane, a également été une « aubaine » pour les fabricants européens, selon lui.
Les exportateurs de l’UE sont actuellement soumis à un droit de douane américain de base de 10 %, ainsi qu’à des droits de douane de 25 % sur les voitures, l’acier et l’aluminium. Le président américain Donald Trump a également suspendu pour 90 jours les « droits de douane réciproques » sévères imposés aux partenaires commerciaux des États-Unis, y compris une taxe de 20 % sur les exportations de l’UE.
Cette enquête intervient au lendemain de la révision à la baisse par le Fonds monétaire international (FMI) de ses prévisions de la croissance mondiale pour 2025 et 2026. Le FMI a averti que les mesures douanières américaines avaient fait entrer le monde dans une « nouvelle ère » de protectionnisme économique et d’imprévisibilité politique.
L’institution basée à Washington prévoit désormais une croissance de 0,8 % cette année et de 1,2 % en 2026 pour la zone euro, soit 0,2 point de pourcentage de moins que dans ses prévisions de janvier.
La croissance attendue pour la France en 2025 a été ramenée de 0,8 % à 0,6 %. L’Allemagne, qui est en récession depuis deux ans et dont les industries exportatrices sont fortement exposées aux perturbations du commerce mondial, a vu son taux de croissance prévu ramené de 0,3 % à 0 %.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]