Euro : comment éviter la catastrophe?

Pour Agnès Bénassy-Quéré, professeure à la "Paris School of Economics" et économiste au CEPII, il est urgent de régler le problème de la dette des pays à court terme. Dans une note publiée sur Telos, elle propose un système qui pourrait être un compromis pour les États.

Pour Agnès Bénassy-Quéré, professeure à la « Paris School of Economics » et économiste au CEPII, il est urgent de régler le problème de la dette des pays à court terme. Dans une note publiée sur Telos, elle propose un système qui pourrait être un compromis pour les États.

L’introduction d’un dispositif de type euro-obligation (ou eurobond), qui mutualiserait tout ou partie des dettes publiques de la zone euro  et en garantirait le remboursement, se heurte à trois difficultés majeures, difficilement surmontables à court terme : 

(1) la solidarité entre États-membres implique une co-décision des politiques nationales, donc une forme intégration politique ; 
 
(2) une telle initiative suppose de modifier non seulement le traité européen (et sa règle de non-renflouement d’un État par ses partenaires), mais aussi les constitutions nationales (pour intégrer le niveau européen en matière décisionnelle et de solidarité) ; 
 
(3) le niveau de confiance entre États-membres est probablement trop faible aujourd’hui pour qu’une solidarité puisse s’exercer à grande échelle. Pour les opposants à l’euro-obligation, la mutualisation des dettes reviendrait à récompenser les mauvais élèves et à encourager les comportements dispendieux.