L'énergie au coeur des relations France-Ukraine

Les ressources énergétiques devraient représenter un sujet de négociation important entre la France et l'Ukraine. L'Ukraine a des réserves importantes de gaz de schiste, alors que la France a une grande expérence des négociations avec Gazprom souligne Boris Kouchniruk, économiste.

Les ressources énergétiques devraient représenter un sujet de négociation important entre la France et l'Ukraine. L'Ukraine a des réserves importantes de gaz de schiste, alors que la France a une grande expérence des négociations avec Gazprom souligne Boris Kouchniruk, économiste.

Les discussions européennes sur les ambitions de l'Ukraine vers l'intégration européenne raniment les relations franco-ukrainiennes.  Le sommet qui aura lieu à Vilnius en novembre a été précédée d’une rencontre en septembre entre des sénateurs de la Sénat et les membres du Groupe d'amitié "France-Ukraine".

Selon le gouvernement ukrainien le potentiel de la coopération bilatérale se chiffre à peu près de 1,8 milliards d’euros. Mais l'Ukraine est bien placée pour augmenter la circulation des marchandises. Il est évident que la signature d'un accord d'association de l'Ukraine à l'UE redonnera un nouveau coup à la coopération économique et commerciale.

Le président du groupe d'amitié Hervé Morey a souligné que le parlement français soutenait l'accord d’association. Côté business, les sociétés françaises souhaitent améliorer les relations économique et commerciales avec l'Ukraine. La tenue de la septième réunion de la Commission intergouvernementale, qui aura lieu en décembre prochain, y contribuera.

Selon l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques de la France (INSEE), le PIB de la France a progressé de 0,5% au second trimestre. La dynamique positive dans le domaine des marchandises et des services (+0.9%), surtout ceux de la production industrielle (+2%), est encourageante.

François Hollande, le président socialiste élu récemment, doit également se réjouir du fait que la croissance économique de son pays redémarre. Le ministre des finances de la France Pierre Moscovisci fait aussi écho à cela.

Selon les prévisions de la Commission Européenne, en 2013 le déficit budgétaire en France atteindrait 4.5 % du PIB, en 2013 – 4.2% du PIB. Les experts anticipent la croissance du PIB de 0.5% cette année, et de 1.3% – l'année prochaine.

En fonction de ses aspirations à l'intégration européenne l'Ukraine compte également sur la contribution de la France à la sécurité énergétique de l'UE. Le partenariat stratégique avec les grands consortiums, y compris avec le groupe Total, est une option prioritaire pour le gouvernement de l'Ukraine.

L'Ukraine espère qu'en dehors des projets prometteurs en Russie, les géants énergétiques soient également intéressés par les gisements prometteurs de l'Ukraine. Pour l’instant, les déclarations de la direction de Total, qui envisage de réduire ses investissements dans le domaine de l'extraction et l'exploration, ne reflètent pas de volonté de collaborer avec l'Ukraine. D’autant plus que le groupe est un actionnaire de Novatek russe et son projet "Yamal " en Arctique.

Compte tenu de la longue expérience de sa collaboration avec les entreprises russes, et, ayant mené des pourparlers avec le gouvernement de la Russie concernant les gisement d’huile de schiste, il est néanmoins pas exclu que Total s'intéresse aux perspectives de l'extraction de pétrole et de gaz en Ukraine. Surtout en raison des problèmes de la collaboration avec la Russie à propos du développement et l'exploitation du gisement de Shtockman (un autre projet en Articque).

Il n'y a pas longtemps que l'Ukraine est parvenue à des accords préliminaires avec le groupe ExxonMobil, Shell et le roumain Petrom sur la distribution de la production du gisement de gaz à Scythe, en mer Noire. Selon les donnée de l'entreprise ExxonMobil, on pourrait extraire de 8 à 10 milliards de mètres cubes de gaz par an. Les travaux démarrent tout juste. Selon les experts, l'Ukraine possède les quatrièmes les plus grandes réserves de gaz de schiste en Europe. En outre les réserves de gaz, arrangées sur le terrain de Scythe, peuvent constituer à peu près de 200 à 250 milliards de mètres cube.

En Ukraine les discussions sur la nécessité produire ou non du gaz de schiste se font intenses. Les adversaires politiques du gouvernement ukrainien s’inquiètent des questions écologiques posées par l’extraction du gaz de schiste.

Sur ce sujet, la position française rentre en contradiction avec le souhait de l'Ukraine de se délivrer la dépendance énergétique russe. 

Le Président de la France François Hollande a déclaré qu’il n’autoriserait pas la production de gaz de schiste pendant qu'il était au pouvoir.  La France est le premier pays européen à avoir mis son veto à une telle production. Mais l'Ukraine est aujourd’hui forcée de se cramponner à n'importe quelle possibilité de diversifier son approvisionnement en énergie.

L'Ukraine et la France ont un problème commun : celui de la livraison du gaz en provenance de Russie. L'expérience des négociations menées par la France pour  faire baisser le prix du gaz russe pourrait être très utile à l'Ukraine. Le monopole gazier russe continue de négocier ses prix. En août, Gazprom a ainsi un rabais au français GdF Suez. Le soutien de la France à l’Ukraine en matière de gaz est donc plus que jamais d'actualité.