Le nouveau triumvirat européen [FR]

Angela Merkel, probable successeur de Gerhard Schröder à la tête du gouvernement allemand, et Nicolas Sarkozy, vainqueur annoncé de la présidentielle française de 2007, cherchent tous deux à se rapprocher du premier ministre britannique Tony Blair. Assiste-t-on à l'émergence d'un nouvel équilibre du pouvoir en Europe, s'interroge Daniel Kramb dans cet article publié par café babel.

Angela Merkel, probable successeur de Gerhard Schröder à la tête du gouvernement allemand, et Nicolas Sarkozy, vainqueur annoncé de la présidentielle française de 2007, cherchent tous deux à se rapprocher du premier ministre britannique Tony Blair. Assiste-t-on à l’émergence d’un nouvel équilibre du pouvoir en Europe, s’interroge Daniel Kramb dans cet article publié par café babel.

Les petits signes en disent parfois long. Lorsque Angela Merkel, leader de l’opposition en Allemagne et vainqueur attendue des élections législatives de septembre, s’est rendue en France en début d’année, trois visites figuraient sur son programme officiel : le Président Jacques Chirac et son Premier ministre Dominique de Villepin en faisait bien entendu partie. Présent également sur la liste Nicolas Sarkozy, le ministre de l’Intérieur français, représentant du parti majoritaire de droite, l’UMP, un candidat fortement pressenti pour succéder à la présidence française en 2007.

Assis côte à côte, la barrière linguistique abolie par la cohorte de traducteurs, les expressions qui passaient sur les visages des deux politiques et leurs multiples signes de connivence n’ont laissé planer que peu de doutes au sein de l’assistance : les deux hypothétiques chefs d’Etat se comprenaient parfaitement. Au final, alors que Chirac déclinait poliment l’opportunité de s’afficher aux côtés du potentiel premier chancelier féminin allemand, Merkel et Sarkozy semblaient jouir pleinement de leurs compagnies respectives et se quittaient enthousiastes.

Une amitié exceptionnelle

Effectivement, derrière leurs rapports amicaux, Angela Merkel, 51 ans, et Nicolas Sarkozy, 50 ans, ont beaucoup de choses en commun. Tout deux sont ce que l’on pourrait appeler des conservateurs modernes, fervents adeptes des politiques en faveur du marché et aspirant à des réformes nécessaire au sein de leurs pays respectifs, voire même en Europe. Une autre caractéristique qui d’ailleurs les distingue de façon plus radicale de leurs prédécesseurs Schröder et Chirac, réside dans leur fervent pro-Atlantisme. Merkel comme Sarkozy, occasionellement surnommé « Sarkozy l’Américain » par la presse française, croient fermement que le pont jeté entre l’Europe et les Etats-Unis et, dans une certaine mesure, entre l’Allemagne, la France et les Etats-Unis, devrait être rétabli.

Nulle surprise à ce quelqu’un d’autre scrute avec un vif intérêt ce tandem naissant. Le Premier ministre britannique, Tony Blair, souvent en désaccord total avec Schröder et Chirac sur une vaste kyrielle de questions, accueillerait volontiers un renouvellement de l’élite politique des pays les plus puissants des 25. Il n’est pas compliqué de comprendre pourquoi Blair se réjouirait du duo Merkel-Sarkozy. Leurs désirs de réforme en direction d’une économie de marché, la remise en cause prudente du modèle social généreux de leurs pays. Et surtout, leurs ambitions géopolitiques tournées vers Washington résonnent comme une douce musique aux oreilles de Blair.

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