Les enjeux du plan anti-crise
Laurence Boone, chef économiste France chez Barclays Capital, livre pour Télos, son analyse sur le plan d’aide à la Grèce adoptée par l’Union européenne le 9 mai 2010. Face à la propagation du feu qui menaçait toute la zone euro et non plus seulement la Grèce, les pays de l’UE ont adopté un plan dont l’ampleur a favorablement surpris les marchés. Cela suffira-t-il pour autant à faire revenir la confiance ?
Laurence Boone, chef économiste France chez Barclays Capital, livre pour Télos, son analyse sur le plan d’aide à la Grèce adoptée par l’Union européenne le 9 mai 2010. Face à la propagation du feu qui menaçait toute la zone euro et non plus seulement la Grèce, les pays de l’UE ont adopté un plan dont l’ampleur a favorablement surpris les marchés. Cela suffira-t-il pour autant à faire revenir la confiance ?
Le problème auquel les pays de la zone euro sont confrontés est simple : les États sont massivement endettés : la moyenne des déficits en zone euro est 6.3% du PIB, mais pour certains pays les déficits sont près de 10% voire frôlent les 14%, alors que la dette moyenne est de 80% du PIB, une situation « inconnue en temps de paix ». En outre, le vieillissement démographique va entraîner des dépenses publiques supplémentaires en termes de retraite et de santé, et une baisse de la population en âge de travailler, donc moins de revenus pour assurer ces dépenses… Graduellement, suivant la gravité de la situation de chaque pays, les investisseurs ont exprimé leur scepticisme quant à la capacité des États aux déficits et dettes les plus élevés de faire face à leurs engagements. En conséquences, ces états ont de plus en plus de mal à se financer. Ils manquent de liquidités et sont sous la menace d’une insolvabilité. Une double crise à laquelle les institutions de la zone euro n’étaient pas préparées.
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