L'UE prend enfin la mesure de sa capacité à rendre sa politique commerciale plus verte et plus durable
Alors que la guerre refait son entrée sur le continent européen, les eurodéputées Marie-Pierre Vedrenne et Samira Rafaela estiment qu'une politique commerciale européenne ambitieuse peut être un instrument de paix.
Alors que la guerre refait son entrée sur le continent européen, les eurodéputées Marie-Pierre Vedrenne et Samira Rafaela estiment qu’une politique commerciale européenne ambitieuse et respectueuse du multilatéralisme peut être un instrument de paix.
Marie-Pierre Vedrenne est députée européenne Renew Europe, vice-présidente de la Commission du commerce international au Parlement européen. Samira Rafaela est députée européenne Renew Europe, coordinatrice Renew Europe au sein de la Commission du commerce international.
La guerre a fait son retour sur le continent européen, après l’invasion injustifiable de l’Ukraine par la Russie. Dans le même temps, le changement climatique continue d’avoir des effets dévastateurs sur notre planète, avec une augmentation des catastrophes naturelles. Ces dernières semaines, nous avons assisté à des canicules sans pareil dans le monde entier, à d’énormes inondations au Pakistan et à de terribles feux de forêt dans toute l’Union européenne. Les droits fondamentaux sont toujours mis à mal aux quatre coins du monde, comme le montre le traitement inqualifiable de la communauté Ouïghour en Chine.
Nous pourrions baisser les bras face à tous ces défis. Nous le pourrions.
Mais, nous, Renew Europe, ne le ferons pas.
Alors que le Parlement européen est sur le point d’adopter une résolution sur le commerce et le développement durable, nous, Renew Europe, voulons souligner que le commerce est et doit être considéré comme l’une des politiques permettant de relever tous ces défis. Le commerce est devenu un outil pour accélérer les transitions verte et numérique, pour promouvoir les droits de l’Homme et du travail, l’égalité entre les femmes et les hommes, mais aussi un moyen de lutter contre le changement climatique. Par-dessus tout, le commerce est un levier géopolitique et géoéconomique important.
Renew Europe soutient un commerce ambitieux. Mais seulement s’il s’agit d’un commerce équitable où l’ensemble de nos partenaires commerciaux respectent les règles. C’est pourquoi, nous saluons la proposition de la Commission d’utiliser des sanctions commerciales, en dernier recours, contre des partenaires commerciaux coupables de violations graves des engagements en matière de commerce et de développement durable, à l’image de l’Accord de Paris ou des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT). Il s’agissait d’un appel lancé de longue date par notre Parlement européen et notre groupe politique. L’UE prend enfin la pleine mesure de sa capacité à changer positivement le monde.
L’élan actuel au sein de l’UE est positif. Dans ce monde instable, nous devons continuer à nous battre pour des réponses multilatérales dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), afin d’atteindre, par exemple, la neutralité carbone. Nous devons renforcer nos relations commerciales avec les démocraties et donner l’exemple, en mettant en œuvre des chapitres réformés et solides sur le commerce et le développement durable, notamment dans nos prochains accords avec la Nouvelle-Zélande. Nous devons mettre en œuvre des règles ambitieuses contre les violations des droits fondamentaux, comme l’interdiction des produits issus du travail forcé sur le marché intérieur ou l’instauration de la législation sur le devoir de vigilance.
En effet, l’UE est puissante. Nous devons garder cela à l’esprit. En tant que plus grand bloc commercial au monde, nous avons tous les outils en main pour relever les défis d’aujourd’hui en établissant des normes élevées. L’UE rassemble 450 millions de citoyens qui sont aussi des consommateurs aux attentes élevées et conscients de la nécessité d’une consommation plus durable. Notre marché est précieux pour nos partenaires commerciaux. Nous ne devons donc pas craindre d’utiliser ce fait comme un levier pour faire respecter des normes élevées en matière d’environnement, de travail et de droits de l’Homme.
En tant qu’Européens, nous devons être à l’avant-garde d’une coopération mondiale visant à renforcer le respect de nos règles internationales en matière d’environnement et de travail. C’est pourquoi les chapitres consacrés au commerce et au développement durable doivent être la pierre angulaire de nos accords de libre-échange. L’UE doit, de surcroît, être en mesure de garantir et de contrôler leur mise en œuvre effective. À ceux qui réclament moins de commerce au lieu d’un commerce plus durable, dites-nous comment comptez-vous assurer des changements profonds chez nos partenaires ?
L’UE doit continuer sur cette voie, pour un commerce plus vert et plus durable, au bénéfice des entreprises, des citoyens et surtout, de notre planète.