Pour des centres européens d’innovation et d’industrie

Dans une analyse publiée par la Fondation Robert Schuman, Franck Lirzin, ingénieur des mines, propose qu’une meilleure intégration de l’industrie européenne passe par la création de centres spécialisés dans certaines technologies et mis en réseau à travers l’UE.

Dans une analyse publiée par la Fondation Robert Schuman, Franck Lirzin, ingénieur des mines, propose qu’une meilleure intégration de l’industrie européenne passe par la création de centres spécialisés dans certaines technologies et mis en réseau à travers l’UE.

Il est courant de parler de désindustrialisation, et comment ne pas le faire lorsqu’en 20 ans, la part de l’industrie dans le PIB européen aura diminué de 28,2%, représentant aujourd’hui moins du quart du PIB de l’Union européenne. L’externalisation des services aux entreprises, la mondialisation et l’évolution des technologies ont bouleversé le visage de l’industrie, mais notre regard n’a pas changé.

En réalité, contrairement aux États-Unis, souvent cités en comparaison, l’Union européenne parvient à maintenir sa position dans les échanges internationaux de biens. En 1958, ses exportations représentaient 23,9% du total mondial, contre 16% aujourd’hui, alors que les États-Unis sont passés de 27,8% à 11,2%. Son déficit commercial avec le reste du monde reste relativement limité, de l’ordre de 0,5% en 2011 ; la zone euro a même connu un excédent de 1,1 milliard d’euros en octobre 2011. Et ce déficit provient en grande partie des importations d’énergie, tandis que l’UE reste largement excédentaire pour les produits chimiques, les machines industrielles ou les automobiles. 

Alors que certains pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas connaissent d’importants excédents commerciaux, d’autres, comme la France ou l’Espagne ont des déficits chroniques. L’Union économique et monétaire a ouvert la voie à une intégration sans précédent des marchés nationaux, permettant une amélioration globale des niveaux de vie. Mais, cette croissance s’est accompagnée de déséquilibres importants au sein même de l’Union européenne, entre des pays exportateurs et industriels, et d’autres importateurs et favorisant des secteurs domestiques et nécessitant un recours au crédit (construction).