Qui sème la restriction récolte la récession

Dans ses perspectives économiques pour l’économie mondiale pour 2012 et 2013, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) se veut très critique à l’égard de la stratégie de l’UE pour répondre à la crise de la dette souveraine et estime que la zone euro est encore menacée d’une crise systémique.

Dans ses perspectives économiques pour l’économie mondiale pour 2012 et 2013, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) se veut très critique à l’égard de la stratégie de l’UE pour répondre à la crise de la dette souveraine et estime que la zone euro est encore menacée d’une crise systémique.

Le paroxysme de la crise des dettes souveraines est passé. La dette publique grecque est restructurée et diminuera, au prix d’un défaut, de 160 à 120 % du PIB. De plus cette restructuration autorise le déblocage du soutien financier de la troïka à la Grèce et résout pour l’instant le problème de financement du renouvellement de la dette publique grecque.

La contagion qui avait frappé la plupart des pays de la zone euro, et qui s’était traduite par une hausse des taux souverains, est interrompue. La politique monétaire, en particulier de la BCE, a contribué à détendre la situation par rapport au début de l’année 2012. Le risque d’un éclatement de la zone euro est large- ment réduit, du moins dans le court terme. 

Pour autant le processus qui alimente le passage de la Grande Récession, amorcée en 2008, à la très Grande Récession2 n’est pas interrompu par le soulagement tempo- raire apporté à la crise grecque. D’une part, l’économie mondiale, et singulièrement la zone euro restent dans la zone de risque où à nouveau une crise systémique menace et d’autre part, la stratégie choisie par l’Europe, à savoir la réduction rapide de la dette publique (qui suppose la réduction des déficits publics et leur maintien en deçà des déficits qui stabilisent la dette) compromet l’objectif annoncé.

Or, puisque la crédibilité de la stratégie est posée comme une étape indispensable en zone euro pour rassurer les marchés financiers, c’est-à-dire assurer un financement à un taux acceptable des besoins de financement de la dette publique (entre 10 et 20 % de cette dette étant refi- nancés chaque année), la difficulté à atteindre l’objectif oblige à une rigueur toujours plus grande. La zone euro apparaît comme courant après une stratégie dont elle ne maîtrise pas les leviers, ce qui ne peut qu’alimenter la spéculation et l’incertitude.