Zone euro : un fédéralisme rampant

Pour la chef économiste France chez Barclays Capital, Laurence Boone, les difficultés économiques que l’Espagne pourrait rencontrer posent la question d’une plus grande intégration européenne.

Pour la chef économiste France chez Barclays Capital, Laurence Boone, les difficultés économiques que l’Espagne pourrait rencontrer posent la question d’une plus grande intégration européenne.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) vient de rencontrer, avec sa première émission, un succès impressionnant : le fonds cherchait à lever cinq milliards sur les marchés, le livre d’ordres a dépassé les 40 milliards ! Est-ce pour autant la fin de la crise de la zone euro ? Cela reflète en tout cas l’espoir d’une solution qui entraînera plus de transferts et de solidarité budgétaire dans la zone. Les émissions du FESF ne sont pas des « eurobonds », mais les solutions qui se dessinent laissent augurer le début d’une forme de fédéralisme.

Pas d’excès d’optimisme. En dépit du succès du FESF, les interrogations demeurent. Le Portugal peut-il s’en sortir sans aide européenne ? La contagion à l’Espagne est-elle inévitable ? Quelle peut être la réponse européenne, sans union budgétaire, pour endiguer définitivement la contagion et prévenir un effet domino ? Les écarts de taux (par rapport à l’Allemagne) sur les pays périphériques restent impressionnants : 1000 points de base pour la Grèce, 581 pour l’Irlande, 186 pour l’Espagne. L’inquiétude est donc toujours présente.