« La Commission pourra traiter les problèmes de libre circulation »

Le Commissaire européen à l’industrie, l’Italien Antonio Tajani, a indiqué à EURACTIV.fr* que Bruxelles allait proposer une nouvelle gouvernance sur la libre circulation des personnes.

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Le Commissaire européen à l’industrie, l’Italien Antonio Tajani, a indiqué à EURACTIV.fr* que Bruxelles allait proposer une nouvelle gouvernance sur la libre circulation des personnes.

A l’issue du Sommet franco-italien du 26 avril, Rome et Paris ont estimé qu’une réforme de la Convention de Schengen, qui prévoit la libre-circulation des personnes, s’imposait. La communication sur la politique migratoire que doit publier la Commission européenen mercredi 4 mai va-t-elle permettre une meilleure gestion commune des frontières ?

Oui. Je suis heureux de ce sommet car il s’est conclu par une décision européenne. Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi ont écrit une lettre au président de la Commission pour demander plus d’Europe dans le domaine de l’immigration. 
 
Je pense que leur lettre n’est pas en contraste avec le texte qui sera présenté mercredi, pour ce qui concerne la nouvelle gouvernance de Schengen.
 
Une modification du traité est donc envisagée ?
 
Je ne pense pas qu’il faille modifier le traité pour le faire. On peut envisager une gestion différente en utilisant les textes actuels. Si des divergences surviennent entre deux pays membres sur la libre circulation des étrangers ou sur les visas, la nouvelle gouvernance de Schengen permettra de traiter ces problèmes au niveau communautaire, du côté de la Commission. 
 
Il est également question de renforcer Frontex [l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne] et de donner une stratégie à moyen et plus long terme pour voir ce qu’on peut faire en Afrique, sur la croissance de ce continent mais aussi sur l’intégration des immigrés. Les idées qui viennent de l’Italie et de la France sont semblables à celles de la Commission.
 
L’hostilité suscitée en Italie par la stratégie de Lactalis qui pourrait racheter Parmalat vous inquiète-t-elle ?

Je pense que la situation s’est améliorée après le sommet franco-italien. Lorsqu’il y a une loi dans un pays qui concerne les entreprises, il faut toujours respecter les règles du marché intérieur. Pour le cas italien, nous n’avons pas encore commencé à en discuter. Il faut attendre les évaluations du commissaire au Marché intérieur Michel Barnier avant de nous exprimer.

Les matières premières constituent un autre sujet de préoccupation pour les industriels. Alors que certains pays comme le Japon ou la Corée n’hésitent pas à constituer des stocks stratégiques de métaux critiques tout en investissant dans le capital de sociétés minières, l’UE semble toujours être en phase de réflexion. Ne tarde-t-elle pas à agir dans ce domaine ?

La Commission européenne est très active. Nos trois piliers d’action pour les matières premières sont l’étranger, l’intérieur et l’innovation et la recherche. Nous avons déjà signé un accord avec l’Union africaine. Nous avons inséré dans l’ordre du jour le problème des matières premières avec la Russie.

J’irai au Brésil, en Argentine et au Chili début juillet pour parler des matières premières, ainsi que d’autres sujets comme l’espace, le tourisme et les PME. Nous avons changé les règles de la directive Natura 2000 pour l’exploitation des mines. Nous avons également publié la liste des 14 matières premières en danger et lancé une consultation sur la possibilité d’un partenariat d’innovation sur les matières premières.

Pour améliorer leur compétitivité, les PME attendent une simplification des charges administratives qui pèsent sur elles. Le Small business act (SBA) doit-il être modifié pour réaliser cet objectif ?

Nous l’avons déjà amélioré, il faut maintenant l’appliquer. J’ai demandé à chaque pays membre de nommer un ambassadeur pour les PME. La France est en train de le faire. Nous travaillons également à exonérer de certaines règles administratives et comptables les micro-entreprises. 

 

*Antonio Tajani s’est exprimé en marge des assises de la simplification, organisées le 29 avril à Paris.