Le FMI et la Banque mondiale font-ils mal leur travail ?

Fonds monétaire international et Banque mondiale, les deux grandes institutions financières internationales, sont en pleine assemblée annuelle cette semaine. L’occasion de faire le point sur leurs actions avec Françoise Nicolas, chercheure à l’Institut français des relations internationales, directrice du centre Asie. Une interview de notre partenaire Ouest-France.

Ouest-France
François Nicoles, photo Ifri
François Nicoles, photo Ifri

Fonds monétaire international et Banque mondiale, les deux grandes institutions financières internationales, sont en pleine assemblée annuelle cette semaine. L’occasion de faire le point sur leurs actions avec Françoise Nicolas, chercheure à l’Institut français des relations internationales, directrice du centre Asie. Une interview de notre partenaire Ouest-France.

Le vice-président de la banque de développement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) estime que les grandes puissances ont fait mauvais usage des institutions financières. Qu’en pensez-vous ?

Il est dans son rôle en affirmant cela. Ce qu’on peut dire c’est qu’elles ne sont pas adaptées aux nouvelles réalités. Les problématiques ont beaucoup changé depuis leur création. Il y a une certaine inertie, un manque d’adaptabilité. Mais ça change.

En quoi ?

Le FMI a réformé son organisation en 2015 en accordant le droit de vote à la Chine. Mais le pouvoir des pays émergents reste très restreint. La Chine a toujours une quote-part trois fois moins importante que celle des États-Unis.Mais la vision du FMI et de la Banque mondiale a évolué. Depuis une vingtaine d’années, la Banque mondiale a adopté une vision plus progressive du développement en prenant mieux en compte les problématiques locales. Des sujets supplémentaires sont abordés tels l’environnement. Elle a une approche plus complète.

Et le FMI ?Le Fonds a longtemps campé sur des positions quasi idéologiques, très fermes, accusé d’être le chantre de l’ultralibéralisme. Mais il nuance son discours aujourd’hui. Après les crises financières du début des années 2000 en Asie, il a entamé une vraie réflexion. Le FMI était auparavant très hostile au contrôle sur le mouvement des capitaux. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ils commencent à revenir aussi sur les principes d’austérité budgétaire à tout prix. On commence à entendre qu’un peu de relance budgétaire ne serait pas négative en ce moment. Et même d’envisager la possibilité d’un faible déficit. Ces thématiques vont être discutées justement lors de l’assemblée générale notamment parce qu’ils craignent qu’on ait à s’habituer à une croissance molle dans les années à venir.

Que pensez-vous de la banque de développement des BRICS ?

 Je suis très sceptique. Elle n’a de cohérence que de manière négative. Leur seule convergence d’intérêt est contre les puissances dominantes existantes. Au sein du groupe, la Russie est dans une posture différente. Et l’Afrique du Sud est là pour des raisons politiquement correctes.
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