Les Assises du développement ont une portée internationale

Invitée par la France à la cérémonie de clôture des Assises du développement, vendredi 1er mars, la commissaire à l'Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a salué le processus de concertation et la qualité des débats français.

256bca49f97e5c5315c3c1618dda47db.jpg
256bca49f97e5c5315c3c1618dda47db.jpg

Invitée par la France à la cérémonie de clôture des Assises du développement, vendredi 1er mars, la commissaire à l'Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a salué le processus de concertation et la qualité des débats français.

Pourquoi est-ce important, pour vous, d'avoir assisté à la clôture des assises du développement, une initiative nationale du gouvernement français?

Nous nous approchons d'un moment critique pour le monde, où nous devons réfléchir à ce que seront les objectifs du développement pour l'après-2015, à leur articulation avec la nécessité d'un développement durable.

Ce processus des Assises concerne la France, mais il a aussi une portée internationale. Cette consultation a permis de discuter d'idées absolument essentielles, comme l'intégration du changement climatique dans les politiques de développement, le fait de surmonter les différences entre le Sud et le Nord, en concevant un programme universel.

La notion de solidarité prend un nouveau sens. D'autant plus qu'aujourd'hui certaines populations restent très vulnérables. La lutte contre la pauvreté doit rester l'objectif principal.

On reproche parfois à l'aide humanitaire d'être inefficace dans les zones de conflit. Comment prévenez-vous cet écueil? 

Lorsque j'étais au Congo, j'ai parcouru la région du Kivu. J'ai été soulagée de voir que notre aide humanitaire apporte de la sécurité et la paix.

Dans un village en montagne, souvent attaqué par des rebelles, nous permettons aux familles de faire de l'élevage de poissons. Nous donnons les moyens aux hommes et aux femmes de construire les routes qui leur permettront d'acheminer leurs marchandises. Nous finançons des projets liés à l'eau, car l'eau, c'est la santé. 

C'est très différent de l'approche traditionnelle où l'on crée une dépendance. Nous avons par exemple des hélicoptères à disposition pour atteindre des zones reculées, mais aussi pour évacuer les personnes en danger rapidement.

Nous finançons également les hôpitaux et soutenons notamment les travaux du docteur Mukwege, qui non seulement soigne les femmes violées, mais s'occupe de leur reconstruction psychologique. 

L'aide humanitaire permet-elle de changer les mentalités, en particulier sur les droits des femmes?

Le 14 février dernier avait lieu l'initiative "One Billion Rising" contre les violences faites aux femmes, elle a été fêtée partout dans le monde. J'y ai participé.

Pour moi, la question des droits de la femme va au-delà des femmes elles-mêmes. Aucun pays ne peut être riche s'il ne développe pas les capacités de toute sa population. Au-delà de l'angle économique, ces questions sont essentielles dans un monde où la dignité et le respect des droits sont des valeurs importantes.

Lorsqu'on entreprend une action humanitaire, on réfléchit toujours à ses effets et sa signification pour les hommes, les femmes, les jeunes et les personnes âgées.

Nous devons par exemple concevoir les camps de réfugiés avec l'idée de garantir la sécurité maximale des femmes, faire en sorte qu'elles soient capables de travailler sans entrer en contact avec les hommes.