2008 sera « l’année de l’UE » en Turquie [FR]
2008 sera « l’année de l’UE » en Turquie, a déclaré Ali Babacan, le ministre des Affaires étrangères du pays et négociateur en chef pour les négociations d'adhésion à l'UE, suite aux récentes critiques portant sur les interruptions perçues dans la progression du pays vers l’adhésion à l’Union. D'après une enquête d'EURACTIV Turquie.
2008 sera « l’année de l’UE » en Turquie, a déclaré Ali Babacan, le ministre des Affaires étrangères du pays et négociateur en chef pour les négociations d’adhésion à l’UE, suite aux récentes critiques portant sur les interruptions perçues dans la progression du pays vers l’adhésion à l’Union. D’après une enquête d’EURACTIV Turquie.
Rappelant l’impact négatif des élections de 2007 sur les réformes nécessaires pour l’adhésion à l’UE, M. Babacan a déclaré au magazine Kriter que le gouvernement chercherait à relancer la candidature de la Turquie à l’UE cette année. Décrivant 2007 comme une année perdue, durant laquelle la démocratie turque a été confrontée à un test difficile et le Parlement a été longtemps inactif, le ministre a saisi l’occasion de cet entretien pour présenter les objectifs de la stratégie de son pays vers l’adhésion à l’UE en 2008.
Les élections étaient un examen que la Turquie a réussi et qui ont permis l’arrivée d’un nouveau président, d’un nouveau Parlement et d’un nouveau gouvernement, a déclaré le ministre, soulignant que l’infrastructure turque est prête à continuer avec une nouvelle vague de réformes. M. Babacan a ajouté que son gouvernement s’était réuni 229 fois pour discuter des procédures européennes depuis septembre et avait envoyé 17 délégations à Bruxelles au cours des cinq derniers mois.
D’après le ministre, l’objectif de la Turquie est de remplir les critères d’ouverture de neuf chapitres en 2008, puis huit chapitres supplémentaires dès que la question chypriote aura été réglée. En outre, le pays révise l’ensemble de sa constitution, à l’exception d’un ou deux articles du code pénal, a expliqué M. Babacan au magazine, ajoutant que tous les pays européens suivaient cette réforme de près et que les Européens étaient très intéressés par le projet de constitution.
Il déplore que l’absence de progrès dans des domaines mondialement controversés, comme les principes fondateurs et la suppression de l’Article 301 du code pénal turc, ait créé à tort l’impression que la Turquie avait cessé les réformes.
L’attitude apparemment défavorable du président français Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel envers l’adhésion de la Turquie à l’UE n’a pas eu de conséquences sur la candidature, souligne M. Babacan, affirmant que l’ensemble des 27 pays européens souhaite que les négociations d’adhésion se poursuivent.
En ce qui concerne M. Sarkozy et Mme Merkel, le ministre a estimé que l’attitude du président français lors des réunions ainsi que les rapides progrès dans les chapitres d’adhésion sous la présidence allemande de l’UE étaient des signes positifs.
Rappelant que le projet européen couvre toutes les réformes politiques, M. Babacan a déclaré que le gouvernement ne pouvait pas choisir les critères politiques nécessaires pour atteindre les normes européennes, qu’il s’agisse du port foulard ou de l’Article 301. Selon le ministre, à condition que la liberté de pensée, d’expression ou de conviction soit respectée, la question du port du foulard ne sera pas un problème pour les institutions européennes.
M. Babacan conclu que le gouvernement turc ne permettra pas une rencontre entre M. Erdogan, Mme Merkel et M. Sarkozy, s’il s’agit de rouvrir la question du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE ou de traiter cette question comme une solution alternative à d’autres processus et mécanismes de l’UE.