80 ans du débarquement : cacophonie au RN sur la non-invitation de Poutine
Interrogés sur la non invitation de Vladimir Poutine aux 80 ans du débarquement, plusieurs leaders du RN ont affiché des positions divergentes. Mercredi soir (5 juin), Marine Le Pen n’a pas su trancher, nourrissant la cacophonie.
Interrogés sur la non invitation de Vladimir Poutine aux 80 ans du débarquement, plusieurs dirigeants du Rassemblement national (RN) ont affiché des positions divergentes. Mercredi soir (5 juin), Marine Le Pen n’a pas su trancher, nourrissant la cacophonie.
24 chefs d’État et de gouvernement seront présents ce jeudi (6 juin) pour le 80e anniversaire du débarquement des alliés en Normandie le 6 juin 1944, mais pas Vladimir Poutine, en raison de la guerre menée par le Kremlin en Ukraine.
Interrogé dimanche (2 juin) sur France 3, Sébastien Chenu, vice-président du RN, a regretté que le locataire du Kremlin ne soit pas présent, parlant d’un « rendez-vous manqué » qui aurait été, selon lui, « l’occasion d’organiser une conférence de paix ».
Sébastien Chenu estime que l’invitation de Vladimir Poutine aux 70 ans du débarquement en 2014, alors qu’il venait d’annexer la Crimée, avait posé poser la première pierre des accords de Minsk, permettant de signer en septembre 2014 un cessez-le-feu dans le Donbass.
Sur France Inter trois jours plus tard (5 juin), le président du parti et tête de liste pour les élections européennes, Jordan Bardella, a dit plutôt l’inverse.
Selon lui, « au regard du contexte international actuel […] il aurait été très compliqué d’inviter [Vladimir] Poutine et […] de le faire se tenir au côté du président ukrainien », Volodymyr Zelensky.
En d’autres termes, le numéro 1 et le numéro 2 du RN semblent avoir deux visions différentes de la situation.
Marine Le Pen ne tranche pas
Sommée de trancher sur BFM mercredi soir, Marine Le Pen a préféré botter en touche.
Selon elle, la question de savoir si Vladimir Poutine aurait dû, ou non, être invité « ne se pose pas », a-t-elle expliqué à deux reprises, « puisque Vladimir Poutine est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale et n’aurait pas pu se rendre en France ».
Si « la question ne lui pose aucun problème », s’oblige-t-elle à préciser, la position du RN n’en est toutefois pas clarifiée. D’autant que le parti n’a pas défini de ligne sur l’attitude à adopter avec le pouvoir russe.
Ainsi, quand Jordan Bardella profite de son interview pour affirmer que la Russie « menace notre sécurité », son colistier éligible Thierry Mariani déclarait sur Sud Radio le 22 mai que « la Russie n’est pas une menace pour la France ni pour l’Europe ».
« Il a sur ce sujet une sensibilité qui n’est pas la mienne », a simplement défendu Jordan Bardella, avant de minorer l’importance du propos. « Dans un mouvement politique qui a vocation à faire 50% à une élection présidentielle, il n’y a pas 100% des gens qui pensent la même chose », a-t-il rappelé, sans souhaiter qualifier la Russie d’ « ennemi », préférant, dit-il « éviter l’escalade ».
À quelques jours du scrutin des Européennes des 8 et 9 juin, le RN caracole toujours en tête dans les sondages (31 sièges), suivi à bonne distance par la liste soutenue par Emmanuel Macron (15 sièges).