À la COP29, le Kazakhstan soutient les objectifs climatiques mondiaux et signe des accords énergétiques
Le Kazakhstan a réaffirmé son attachement aux obligations climatiques internationales et a signé des milliards de dollars de contrats d’énergie verte lors de COP29 qui se tient actuellement à Bakou.
Le Kazakhstan a réaffirmé son attachement aux obligations climatiques internationales et a signé des milliards de dollars de contrats d’énergie verte lors de COP29 qui se tient actuellement à Bakou.
Les représentants du pays ont présenté les dernières réalisations en matière de rapports sur le climat lors d’un évènement organisé en parallèle de la COP par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en partenariat avec le ministère kazakh de l’Écologie et des Ressources naturelles.
Le premier rapport biennal sur la transparence du Kazakhstan, qui comprend des données complètes sur les Contributions déterminées au niveau national — efforts déployés par les pays dans le cadre de l’Accord de Paris —, un inventaire national des gaz à effet de serre de 1990 à 2022, des projections d’émissions sectorielles et des recommandations pour la transformation économique, a été présenté.
« Bien que l’Asie centrale ne représente qu’un pour cent des émissions mondiales, cette région est confrontée à de nombreux risques climatiques », a rappelé le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev aux participants après l’ouverture de la session plénière de la COP29.
« Pour améliorer l’efficacité des mesures de réponse au changement climatique, nous devons utiliser activement les technologies avancées et autres outils numériques qui permettent une alerte précoce et une gestion plus efficace des ressources en eau et sur terre », a-t-il ajouté.
Faire avancer les initiatives en matière d’énergie verte
Le 13 novembre, le ministre kazakh de l’Énergie, Almasadam Sätqaliev, a signé plusieurs accords d’un montant total de près de 3,7 milliards de dollars pour faire avancer les initiatives en matière d’énergie verte, soulignant ainsi l’engagement du Kazakhstan en faveur de l’énergie durable et de la coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique.
Les principaux accords comprennent un partenariat avec la Chine pour promouvoir la coopération sur les projets d’énergie renouvelable, le développement durable et les réductions d’émissions, avec un potentiel d’investissement de plus de 2 milliards de dollars.
Un accord de 1,5 milliard de dollars a été signé avec l’entreprise publique émiratie d’énergie renouvelable Masdar pour développer une centrale éolienne dans la province de l’Oblys de Djamboul au Kazakhstan, dans le cadre d’une collaboration plus large en matière d’énergie renouvelable avec les Émirats arabes unis pour soutenir la transition verte et l’action climatique.
Une autre collaboration avec la Banque asiatique de développement (BAD) portera sur l’élimination progressive des centrales électriques au charbon, l’augmentation de la production d’énergie renouvelable, l’amélioration de l’efficacité énergétique et l’incorporation de nouvelles technologies dans la production d’électricité et de chaleur.
Almasadam Sätqaliev a également discuté des futures initiatives dans le secteur de l’énergie avec la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (CEE-ONU) et ACWA Power, une société privée d’Arabie saoudite spécialisée dans le dessalement de l’eau et la production d’électricité.
Vulnérabilité face aux catastrophes naturelles
L’Asie centrale est très exposée à divers risques naturels, tels que les inondations, les tremblements de terre, les sécheresses, les glissements de terrain et les incendies de forêt. À l’instar de la région européenne, elle a subi près de 500 inondations et tremblements de terre majeurs au cours des trois dernières décennies.
Ces évènements ont fait 50 000 morts, touché 25 millions de personnes et causé plus de 80 milliards de dollars de dégâts. Environ 30 % des capitales de la région ont subi des dommages importants à la suite de ces catastrophes naturelles.
Les conséquences économiques et sociales sont lourdes, la destruction généralisée affectant les infrastructures, les industries et l’économie en général, ce qui entrave souvent le développement pendant des années. Des facteurs tels que le changement climatique, la croissance démographique et l’urbanisation sauvage, devraient accroître la fréquence et la gravité de ces risques.
Kassym-Jomart Tokaïev a également fait remarquer que le changement climatique perturbe les cycles de l’eau, les catastrophes liées à l’eau représentant plus de 80 % des catastrophes naturelles. Il a annoncé que le Kazakhstan envisageait de mettre en place un système global de gestion des risques.
Il a par ailleurs mentionné le sommet One Water organisé avec la France en septembre pour discuter des défis mondiaux en matière de gestion de l’eau, notamment le sauvetage de la mer Caspienne et la préservation de la mer d’Aral.
Des objectifs ambitieux
Le Kazakhstan s’est fixé un objectif ambitieux avec une stratégie visant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060, approuvée le 2 février 2023, reconnaissant l’importance de la transition des combustibles fossiles vers des sources d’énergie alternatives.
Le plan définit une approche pour parvenir à des émissions zéro net de carbone, en mettant l’accent sur des transformations technologiques significatives dans l’ensemble de l’économie. Pour atteindre ces objectifs, le pays devra élaborer et mettre en œuvre des politiques et des programmes ciblés.
Le président kazakh a ainsi demandé l’accès à des financements prévisibles et à des technologies modernes pour atteindre ces objectifs. Il a également appelé à la mise en place d’un Nouvel objectif collectif quantifié de financement climatique afin de donner la priorité aux régions les plus touchées par le changement climatique, y compris les pays en développement enclavés comme le sien.
Selon le président kazakh, l’un des domaines dans lesquels le Kazakhstan pourrait faire la différence est celui de l’agriculture durable. Il considère le pays comme une plaque tournante de l’« agriculture du carbone », une approche qui garantit la réduction des gaz à effet de serre et des émissions, tout en améliorant la qualité des sols.
Le Kazakhstan joue également un rôle important dans le paysage énergétique mondial, puisqu’il fournit 43 % de l’uranium de la planète. Cette année, le pays a fait un pas audacieux vers l’énergie nucléaire en approuvant la construction d’une nouvelle centrale nucléaire par le biais d’un référendum national.