A Rome, les Européens s’enfoncent dans le court terme
Vendredi 22 juin, les dirigeants allemand, espagnol, italien et français se sont retrouvés dans la capitale italienne pour rapprocher leurs positions dans la perspective du Conseil européen des 28 et 29 juin.
Vendredi 22 juin, les dirigeants allemand, espagnol, italien et français se sont retrouvés dans la capitale italienne pour rapprocher leurs positions dans la perspective du Conseil européen des 28 et 29 juin.
Alors que l’Espagne et l’Italie voient leurs taux d’intérêt grimper sur les marchés, le sommet européen doit servir à trouver une solution pour rassurer les investisseurs et formuler des propositions de moyen terme pour relancer la croissance en Europe.
François Hollande a fait de la renégociation du pacte budgétaire l’une de ses principales promesses de campagne. Il n’en est aujourd’hui plus question.
Concrètement, à Rome, vendredi 22 juin, les dirigeants européens se sont dits prêts à mettre en place tout ce qui figure dans le plan négocié entre le gouvernement allemand et l’opposition du SPD, adopté jeudi 21 juin. Pas plus.
En Italie, les divergences de vision sur la relance en Europe ont encore une fois été mises au grand jour. « Le problème n’est pas que nous n’avons pas de règles en Europe. Le problème est que nous avons perdu la confiance car nous n’avons pas réussi à respecter nos règles », a déclaré Angela Merkel.
La chancelière, qui, à l’origine, ne voyait pas l’utilité de se rendre à Rome, n’a pas l’intention de donner sa carte de crédit, sans un renforcement de la discipline budgétaire et la mise en place de réformes structurelles chez ses partenaires.
120 milliards
Le gouvernement français avait fait fuiter dans la presse l’idée d’un plan de 120 milliards d’euros consacré à la croissance en Europe. Soit 1% du PIB européen. Une estimation que François Hollande a confirmée à Rome.
Dans les faits, le plan ne contient aucun outil que les Européens n’auraient pas déjà accepté : augmentation du capital de la Banque européenne d’investissement, project bonds et mobilisation des fonds structurels d’ici la fin 2012 à hauteur de 55 milliards d’euros.
Ce dernier montant correspond aux engagements annuels moyens de fonds structurels. L’année étant déjà bien écoulée, la somme réelle est plus proche de 30 milliards d’euros.
Feuille de route sur 10 ans
Les annonces formulées par les dirigeants de l’UE entérinent le renoncement de la France à certaines de ses propositions.
Dans son plan de départ, Paris avait inclus la possibilité de doter le mécanisme européen de stabilité d’une licence bancaire pour qu’il puisse être alimenté par les liquidités de la BCE. Refusant de donner à cette dernière un rôle de prêteur en dernier ressort, l’Allemagne y a toujours été farouchement opposée. Pas un mot à ce sujet devant la presse.
La mutualisation de la dette n’a pas non plus été évoquée. Lors du prochain sommet, aucune décision ne sera prise sur les eurobonds, les eurobills ou même encore le fonds de rédemption, pourtant imaginé par des économistes allemands. La gauche allemande a renoncé à cette dernière proposition.
L’idée d’un emprunt public européen est renvoyée à des feuilles de route de plus long terme. Une décennie, selon François Hollande.
Coopération renforcée
Sujet débattu depuis plusieurs mois entre les institutions européennes et les capitales, la taxe sur les transactions financières devrait voir le jour, mais elle serait limitée à quelques États.
Le principe de la « coopération renforcée » permet aux pays qui le souhaitent (neuf au minimum) d’avancer ensemble dans un domaine donné.
Un bon moyen d’écarter Londres, qui souhaite protéger les intérêts de la City. La participation de Paris, Rome, Berlin et Madrid devrait peser dans les négociations pour convaincre les autres membres de la zone euro. Les Pays-Bas et le Luxembourg laissent toujours planer le doute sur leur participation.
Dans son projet originel, la Commission envisageait un taux de 0,1% sur les transactions d’actions et obligations et 0,01% pour les autres produits financiers.