A son tour, la France prend le chemin de la rigueur

Après l’Italie et l’Espagne cet été, la France annonce de nouvelles mesures d’austérité pour rassurer les marchés. Retour sur les principales propositions des trois pays.

EURACTIV.fr
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Après l’Italie et l’Espagne cet été, la France annonce de nouvelles mesures d’austérité pour rassurer les marchés. Retour sur les principales propositions des trois pays.

Après une année marquée par un nouveau soutien de la Grèce par le Fonds monétaire et international et le Fonds européen de stabilité financière, et des plans de secours pour le Portugal et l’Irlande, l’été 2011 n’a pas été de tout repos pour les marchés. 

La dégradation de la note américaine a eu également des effets sur la zone euro. Pour éviter une nouvelle panique et sauvegarder sa notation triple A, le gouvernement français a donc présenté, mercredi 24 août, un plan d’austérité de 1 milliards d’euros pour 2011 et 11 milliards en 2012.

Les mesures annoncées par la France ont « peu de choses à voir » avec celles prises par « l’Italie, l’Espagne, l’Irlande ou la Grèce », a tenu cependant à préciser en préambule le premier ministre François Fillon. 

Moins de 2% de croissance ?

Elles viennent notamment compenser la croissance revue à la baisse à 1,75% pour 2011 et 2012 contre 2 et 2,25% à l’origine, et ainsi théoriquement permettre à la France de respecter ses engagements en matière de réduction des déficits : passer de 7,1% du produit intérieur brut fin 2010 à 5,7% fin 2011, 4,6% fin 2012 et 3% fin 2013, quelle que soit la conjoncture économique.

Pour compenser ce ralentissement, M. Fillon a tout d’abord annoncé un coup rabot sur les niches fiscales, en particulier les heures supplémentaires sur lesquelles les entreprises paieront désormais plus de charges. Ces niches seront à nouveau réduites de 10% en 2012. 

Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé sa volonté d’une harmonisation fiscale avec l’Allemagne de l’impôt sur les sociétés.

Une taxe sur les très hauts revenus a également été proposée. Elle sera de 3% sur le revenu fiscal de référence à partir de 500 000 euros, ce qui devrait rapporter entre 200 et 250 millions d’euros. Autant dire une mesure plus que symbolique. 

L’ensemble devrait être voté par le Parlement le 6 septembre, en même temps qu’un nouveau plan d’aide pour la Grèce. 

5 milliards et une règle d’or

Après un plan d’austérité de 50 milliards d’euros sur trois ans adopté en janvier 2010, Madrid a proposé, vendredi 19 août une nouvelle économie de 5 milliards d’euros. Parmi les mesures annoncées figure un projet de loi sur l’utilisation des médicaments génériques qui devrait permettre d’économiser 2,4 milliards d’euros. Augmenté, l’augmentation sur les grandes entreprises sera recouvré plus tôt, ce qui fera rentrer 2,5 milliards dans les caisses de l’État. 

Pour redonner du souffle à un marché de l’immobilier en berne depuis la crise de 2008, la TVA sur les achats de logement neuf sera enfin provisoirement divisée par deux jusqu’à la fin de l’année, passant de 8 à 4%.

Enfin, le 23 août, le premier ministre socialiste José Luis Zapatero a appelé les parlementaires espagnols à adopter une loi de réforme constitutionnelle pour garantir l’équilibre des comptes publics (toutes administrations confondues).

Même si elles ne sont pas très importantes, ces mesures pourraient rassurer les marchés sur la capacité de l’Espagne a gérer ses finances publiques. Le pays vise un déficit de 6% du PIB en 2011, contre 9,2% en 2010.

Deuxième plan draconien

Au mois de juillet, l’Italie avait adopté un premier plan d’austérité de 70 milliards d’euros. Sa situation financière s’étant dégradée, l’Italie a remis le couvert début août en présentant un nouveau plan d’économies de 45 milliards d’euros sur deux ans afin de revenir à l’équilibre budgétaire en 2013.

La suppression de milliers de postes d’élus locaux, tout comme le regroupement d’administrations et de communes est prévu.

A l’instar de la France, l’Italie prévoit également de ponctionner les plus riches. Une « taxe de solidarité » sur les revenus les plus élevés – 5% pour ceux supérieurs à 90 000 euros par an et 10% au-delà de 150 000 euros – est prévue.

Libéralisation de services locaux comme le transport ou le ramassage d’ordures, assouplissement du marché du travail, lutte contre le travail au noir…sont autant de mesures prévues par le plan.

Malgré ce plan draconien, les prévisions de croissance de Rome pour 2011 restent inchangées à 1%.