Adhésion à l’UE : l’Albanie entame les négociations alors que la Macédoine du Nord reste dans l’incertitude

Les négociations d'adhésion de l'Albanie vont être découplées de celles de la Macédoine du Nord, selon une décision des ambassadeurs des États de l'Union européenne (UE) du 25 septembre. Skopje est toujours bloquée par le véto bulgare.

/ Euractiv.com
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Le parcours des deux pays des Balkans occidentaux jusqu’à l’adhésion à l’UE a été couplé avec le début des négociations formellement lancées à l’été 2022. Cependant, en raison de divergences entre Skopje et la Bulgarie, l’ouverture réelle des dossiers a été retardée sans qu’aucune fin ne soit en vue, ce qui a eu un impact direct sur les progrès de Tirana. [[Getty Images]]

Les négociations d’adhésion de l’Albanie vont être découplées de celles de la Macédoine du Nord, selon une décision des ambassadeurs des États de l’Union européenne (UE) du 25 septembre. Skopje est toujours bloquée par le véto bulgare.

L’Albanie et la Macédoine du Nord ont de façon conjointe ouvert leurs négociations d’adhésion avec l’UE à l’été 2022. En raison de divergences persistantes entre Skopje et Sofia, ces dernières étaient cependant bloquées depuis.

Les négociations des deux pays vont donc être découplées, et Tirana devrait ouvrir mi-octobre avec Bruxelles le « volet 1 — Principes fondamentaux ». Ce dernier comprend plusieurs chapitres : passation de marchés, statistiques, système judiciaire et droits fondamentaux, justice, liberté et sécurité et contrôle financier.

C’est une nouvelle positive pour l’Albanie, et un coup d’arrêt pour la Macédoine du Nord. Après des années de disputes, Skopje avait accepté de reconnaitre une minorité bulgare dans sa Constitution en juillet 2022, sous la présidence française de l’UE.

Sofia devait ensuite lever son veto pour que les négociations puissent commencer. L’accord n’a toutefois jamais été mis en oeuvre par la Macédoine du Nord, et les routes européennes de Skopje et de Tirana ont toutes les deux été bloquées.

Depuis la victoire aux élections de mai dernier des conservateurs nationalistes du VMRO-DPMNE. le nouveau gouvernement de Hristijan Mickoski a indiqué qu’il souhaitait renégocier le « compromis français ». L’UE a rejeté cette demande et avait menacé de découpler les intégrations albanaises et macédoniennes.

Ces derniers mois, les autorités de Skopje ont aussi multiplié les provocations contre leurs voisins. Lors de son discours d’investiture de mai dernier, la présidente macédonienne Gordana Siljanovska-Davkova a ainsi préféré ne pas utiliser le nom de « Macédoine du Nord », inscrit dans la Constitution depuis un accord signé en 2018 avec Athènes, afin de mettre fin à un différent de longue date entre les deux voisins.

Plus récemment, le gouvernement de Hristijan Mickoski est monté en créneau en expliquant que les autorités bulgares n’avaient pas arboré le drapeau de la Macédoine du Nord lors d’une visite de Gordana Siljanovska-Davkova à Sofia. En réalité, cette dernière se rendait à un spectacle d’opéra, et le protocole n’exige pas qu’un drapeau soit hissé pour une occasion de ce type. De quoi tendre encore un plus tendre les relations entre les deux pays.

[Édité par Anna Martino et Laurent Geslin]