Adhésion à l’UE : l’Autriche, la Croatie et la Slovénie veulent entamer des négociations avec la Bosnie

L’Autriche, la Croatie et la Slovénie souhaitent ouvrir les négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine cette année, une démarche qui revêtirait une importance géopolitique pour stabiliser la région, selon les ministres des Affaires étrangères de ces États.

EURACTIV Allemagne
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L’une des principales pierres d’achoppement pour l’ouverture des négociations d’adhésion est la République serbe (Republika Srpska), l’une des deux entités qui forment la Fédération de Bosnie-Herzégovine. [SHUTTERSTOCK/Alexandros Michailidis]

L’Autriche, la Croatie et la Slovénie souhaitent ouvrir les négociations d’adhésion à l’Union européenne avec la Bosnie-Herzégovine cette année, une démarche qui revêtirait une importance géopolitique pour stabiliser la région, ont écrit les ministres des Affaires étrangères des trois États membres de l’UE dans une tribune publiée par de nombreux médias des Balkans et consultée par Euractiv.

La Bosnie-Herzégovine s’est vue accorder le statut de pays candidat en décembre 2022. Cependant, pour ouvrir les négociations d’adhésion, le pays doit réaliser 14 priorités fixées par la Commission européenne. Toutefois, les trois États membres font déjà pression pour ouvrir les négociations cette année.

« L’Union européenne doit ouvrir les négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine d’ici la fin de l’année », peut-on lire dans la tribune.

Ils ont également souligné que l’élargissement serait « l’instrument de stabilisation le plus puissant de l’UE » et ont salué la « perspective plus géostratégique et moins bureaucratique » adoptée par la Commission européenne concernant l’élargissement de l’Union.

L’Autriche et la Slovénie sont des partisans de longue date de l’adhésion de la Bosnie-Herzégovine à l’UE et ont été parmi les premiers à demander que le pays obtienne le statut de candidat.

L’une des principales pierres d’achoppement pour l’ouverture des négociations d’adhésion est la République serbe (Republika Srpska), l’une des deux entités qui forment la Fédération de Bosnie-Herzégovine.

La situation de la République serbe était déjà l’une des principales préoccupations mentionnées par la Commission européenne dans son rapport 2022 sur le pays, car son dirigeant, Milorad Dodik, plaidait ouvertement en faveur de la sécession.

Depuis lors, la situation s’est considérablement aggravée, Milorad Dodik menaçant d’arrêter le Haut représentant pour la Bosnie-Herzégovine nommé par l’ONU, Christian Schmidt, s’il entrait en République serbe.

En juillet, l’exécutif européen a également demandé à la région de cesser de saper l’ordre constitutionnel du pays et a menacé de « graves conséquences » si la situation devait perdurer. Dans le courant du mois d’octobre, la Commission publiera son rapport 2023 sur la Bosnie-Herzégovine, dans lequel elle fera le point sur les progrès accomplis par celle-ci dans la mise en œuvre des priorités fixées par Bruxelles.

L’Autriche, la Slovénie et la Croatie ont tenu à préciser que la nouvelle approche, plus stratégique, ne reviendrait pas à revoir les normes à la baisse et que « la mise en œuvre complète des réformes reste essentielle ».

Au début du mois, Vienne a lancé l’idée de mettre en place un système d’« intégration progressive » dans l’UE avant une adhésion formelle, afin de rapprocher le pays de l’UE et d’empêcher la Russie de déstabiliser la région.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]