Afghanistan : l'UE « condamne fermement » l'interdiction du travail des femmes dans les ONG
L'Union européenne (UE) a condamné samedi l'interdiction par les talibans du travail des femmes dans les ONG locales et étrangères en Afghanistan.
[Cet article a été édité à 15:30 afin d’intégrer la réaction du ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères]
L’Union européenne (UE) a condamné samedi (24 décembre) l’interdiction par les talibans du travail des femmes dans les ONG locales et étrangères en Afghanistan.
« L’Union européenne condamne fermement la décision récente des talibans d’interdire aux femmes de travailler dans les ONG nationales et internationales », a déclaré une porte-parole du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, dans un communiqué transmis à l’AFP.
« Nous évaluons la situation et l’impact qu’elle aura sur notre aide sur le terrain », a-t-elle ajouté.
Les talibans – un mouvement islamiste fondamentaliste qui dirige l’Afghanistan – ont ordonné à toutes les ONG travaillant dans le pays de cesser de faire travailler des femmes.
Ils ont invoqué « des plaintes sérieuses concernant le non-respect du hijab islamique et d’autres règles et règlements relatifs au travail des femmes dans les organisations nationales et internationales ».
Il n’était pas clair pour le moment si la directive des talibans concerne aussi les femmes étrangères travaillant dans des ONG. Mais deux ONG étrangères œuvrant dans le pays ont confirmé avoir reçu le courrier officiel les en informant.
L’UE est un contributeur majeur au financement des ONG en Afghanistan, mais elle n’a pas reconnu le régime taliban comme gouvernement officiel du pays.
Cette nouvelle interdiction frappant les femmes intervient quatre jours seulement après la décision du gouvernement taliban d’interdire aux femmes afghanes de suivre des cours dans les universités publiques et privées du pays pour une durée indéterminée.
Depuis 16 mois que les talibans ont repris le pouvoir, les mesures liberticides se sont multipliées, en particulier à l’encontre des femmes qui ont été progressivement écartées de la vie publique et exclues des écoles secondaires et de la plupart des emplois publics.
« Nos principales inquiétudes restent le bien-être, les droits et les libertés du peuple d’Afghanistan », a assuré Nabila Massrali, porte-parole de Josep Borrell.
Elle a fustigé « une nouvelle restriction sévère de la capacité des femmes afghanes à exercer leurs droits humains et leurs libertés fondamentales, et une violation claire des principes humanitaires ».
Le porte-parole adjoint du ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères français a fait part de sa condamnation « dans les termes les plus fermes » lundi (26 décembre). Cette interdiction imposée par le régime « manifeste, une fois encore […] l’obscurantisme des talibans, qui font le choix de l’exclusion systématique des femmes de la société afghane depuis leur prise de pouvoir par la force en août 2021 ».