Aggravation de la crise dans la zone euro
Hier (18 avril), la pression s'est intensifiée sur les membres de la zone euro en difficulté financière, du fait de la probabilité grandissante d'une restructuration de la dette grecque et suite au vote des Finlandais qui a montré l'opposition croissante des citoyens à de futurs renflouements.
Hier (18 avril), la pression s'est intensifiée sur les membres de la zone euro en difficulté financière, du fait de la probabilité grandissante d'une restructuration de la dette grecque et suite au vote des Finlandais qui a montré l'opposition croissante des citoyens à de futurs renflouements.
Hier, des sources du gouvernement à Berlin ont confié à Reuters qu’elles ne croyaient pas la Grèce, qui a conclu un renflouement de 110 milliards d’euros avec l’UE et le FMI il y a un an, quand elle affirmait pouvoir passer l’été sans restructuration.
Les représentants de la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international rencontraient les représentants officiels du gouvernement portugais à Lisbonne pour fixer les termes du troisième renflouement européen en un an, suite à ceux de la Grèce et de l’Irlande.
La stratégie en dents de scie pratiquée par les décideurs européens pour enrayer la crise qui fait rage depuis 2009 voit se rapprocher la perspective d’une restructuration de la dette grecque, malgré les nombreux démentis d’Athènes.
Hier, l’euro, qui est resté fort pendant la dernière période de turbulence, est tombée à son plus bas niveau face au dollar en 10 jours. Le coût de l'assurance de la dette grecque contre les défauts de paiement est monté en flèche suite à une discussion qui aurait eu lieu entre Athènes, l’UE et le FMI concernant une extension du délai de remboursement de l’ensemble de sa dette.
La pression sur les autres pays dits périphériques s’est également accentuée, les rendements des obligations espagnoles à dix ans atteignant un niveau record de près de 5,6 % et le rendement des obligations portugaises atteignant 9,3 %.
Les représentants officiels de l’UE se sont évertués à souligner que l’Espagne pouvait éviter l’épidémie qui a forcé la Grèce, l’Irlande et le Portugal à demander des renflouements. Son économie beaucoup plus vaste pourrait mettre les ressources de l’Union à l’épreuve jusqu’à un point de non retour si elle devait s’effondrer.
Des données montrant une chute accrue des prix de l’immobilier lors du premier trimestre ainsi qu'un pic dans les rendements lors d'une adjudication de bons du trésor donneraient le signal d'alarme.
Dimanche (17 avril), lors des élections en Finlande, le parti anti-euro des Vrais Finlandais a fait un très bon score et a immédiatement affirmé sa volonté d’exiger des changements quant à l’accord de renflouement pour le Portugal, qui devrait atteindre un total de 80 milliards d’euros mais ne devrait pas être conclu avant la mi-mai.
Cela pourrait prendre des semaines avant de savoir si le parti intégrera du nouveau gouvernement à Helsinki et sera en mesure d’agir sur cette question. Mais le résultat des élections a souligné le mécontentement de l’opinion publique en Europe du nord quant à une série inexorable de nouveaux accords d’aide en faveur des pays endettés de la zone euro ayant mal géré leurs économies et leurs finances.
Désormais, la plus grande menace semble néanmoins venir de l'éventuelle restructuration de la dette grecque.
La Grèce a a dû faire face à une dette de 325 milliards d’euros à la fin de l’année dernière et d’ici 2013, son fardeau devrait avoisinner 160 % de sa production annuelle, près du double de ce que les économistes considèrent comme viable. La dette grecque est encore bien plus importante que celle de l'Argentine lorsqu'elle s'est retrouvée en défaut de paiement en 2001.
Le quotidien grec Eleftherotypia a affirmé que la Grèce, malgré ses démentis quant à une restructuration, avait confié au FMI et à l’UE en début de mois qu’elle souhaitait prolonger le délai du remboursement de sa dette .
Les discussions sur la question devraient débuter en juin, affirme le quotidien, ce qu’Athènes a de nouveau nié.
« La requête du gouvernement a été transmise par le ministre des finances George Papacontantinou lors de la réunion informelle des ministre des finances de l’ECOFIN qui s’est tenue au début du mois d’avril en Hongrie », peut-on lire dans ce journal.
La Grèce serait le premier pays européen occidental à restructurer sa dette depuis plus d’un demi-siècle, ce qui constituerait un dilemme épique pour les décideurs européens.
Afin de revenir sur la bonne voie, la plupart des économistes estiment que la Grèce devrait assainir environ la moitié son énorme dette, frappant les créanciers privés de « décotes » sur leurs avoirs.
Mais les leaders européens ont promis de ne pas faire payer les créanciers privés avant 2013.
Agir de la sorte à court terme, alors que l’Union demeure vulnérable, pourrait déclencher un tsunami qui submergerait les banques grecques, françaises et allemandes, intensifierait la pression sur le Portugal et l’Irlande pour une restructuration et contaminerait les plus grands pays de la zone euro, tels que l’Espagne.
« Cela aurait des conséquences catastrophiques », a déclaré le gouverneur de la Banque de Grèce, George Provopoulos lundi.
A Lisbonne, les représentants officiels de la Commission européenne, de la BCE et du FMI entamaient des discussions politiques délicates avec le Portugal soumises à l’extrême urgence de la situation.
Tout retard dans l’approbation de l’accord de renflouement au-delà de mi mai pourrait compliquer la tâche des dirigeants européens pour trouver d’autres moyens de financement pour le Portugal, qui fera face à une élection le 5 juin et a d’ores et déjà prévenu qu’il serait à court d’argent pour faire fonctionner le pays autour de cette date.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV)