Allemagne : la CDU et Die Linke s’allient à l’extrême droite pour protester contre la taxe sur le gaz
Les conservateurs et la gauche se sont associés à l’AfD, parti d’extrême droite, dans l’Est de l’Allemagne pour critiquer le gouvernement fédéral.
Les conservateurs et la gauche se sont associés à l’AfD, parti d’extrême droite, dans l’Est de l’Allemagne pour critiquer le gouvernement fédéral : les élus locaux des trois partis ont mis en garde contre le risque de mouvements sociaux en réponse à la flambée des prix de l’énergie, dans une lettre adressée au ministre de l’Energie, l’écologiste Robert Habeck.
La lettre, signée par 22 responsables politiques locaux de la ville de Schneeberg en Saxe, a été rapportée par les médias locaux. Elle comprend des représentants de Die Linke (parti de gauche), du parti conservateur CDU et, notamment, de l’AfD.
Selon Der Spiegel, la lettre, qui doit être envoyée à Berlin lundi (22 août), décrit la taxe sur le gaz nouvellement introduite comme un « développement menaçant » qui pourrait mettre en danger la « paix sociale ».
M. Habeck a lancé cette taxe il y a une semaine afin d’aider les services publics à couvrir le coût du remplacement des approvisionnements russes.
Les auteurs de la lettre appellent également à l’assouplissement des sanctions à l’encontre de la Russie et à un retour aux énergies fossiles afin d’alléger la charge pesant sur les Allemands cet hiver.
La CDU, Die Linke et l’AfD forment l’opposition au niveau fédéral.
Toutefois, le resserrement des rangs des responsables de la CDU et de Die Linke avec l’extrême droite a suscité des critiques, même au sein de leur propre parti.
En effet, cela irait à l’encontre du « pare-feu » maintes fois proclamé à l’égard de l’AfD — le principe consistant à éviter toute coopération ou tout autre élément qui puisse signaler une approbation du parti.
« C’est inacceptable », rapporte Der Spiegel qui cite la porte-parole de l’aile jeune de Die Linke, Sarah Dubiel, tandis qu’un élu de Thuringe a appelé ses collègues saxons à « en tirer les conséquences ».
La direction saxonne de Die Linke a depuis pris ses distances avec la lettre.