Allemagne : la coalition gouvernementale diverge sur les mesures à prendre pour combler le trou budgétaire
Alors que le gouvernement allemand s’efforce de combler le trou budgétaire laissé par une récente décision du Tribunal constitutionnel, les solutions proposées au sein de la coalition tripartite divergent, mettant à l’épreuve les limites des partenaires de la coalition.
Alors que le gouvernement allemand s’efforce de combler le trou budgétaire laissé par une récente décision de la Cour constitutionnelle, les solutions proposées au sein de la coalition tripartite divergent, mettant à l’épreuve les limites des partenaires de la coalition.
Un récent arrêt de la Cour constitutionnelle allemande a laissé un trou de 60 milliards d’euros dans les finances du pays. En effet, l’utilisation d’une dette qui avait été justifiée par la pandémie du Covid pour un fonds pour le climat et la transformation de l’économie à été jugé inconstitutionnelle. Alors que les trois partenaires de la coalition au pouvoir tentent de trouver les moyens adéquats pour combler le trou, les vieilles idéologies budgétaires resurgissent.
« Nous devrons faire face à trois grands blocs de coûts », a déclaré le ministre libéral (FDP) des Finances, Christian Lindner, au groupe de médias allemands Funke Mediengruppe samedi (2 décembre). Il s’agit des dépenses sociales, de l’aide internationale et des programmes de subventions, a-t-il expliqué.
En 2024, il manque 17 milliards d’euros, a expliqué M. Lindner, car les 60 milliards d’euros manquants devraient être répartis sur plusieurs années.
Les sociaux-démocrates (SPD) du chancelier Olaf Scholz, ont d’autres projets en tête, comme l’augmentation des impôts, malgré l’accord de coalition qui l’interdit, ou encore de recourir de nouveau au « frein à l’endettement » en 2024, une mesure qui avait été suspendue en raison de la pandémie de Covid et de la crise de l’énergie de 2020 à 2023.
Le transfert de la dette inutilisée de Covid au fonds climatique n’ayant pas été possible, « pour nous, en tant que SPD, cela signifie naturellement que nous devons en parler», a déclaré Lars Klingbeil, chef de file du SPD, à l’agence de presse dpa.
M. Lindner et les libéraux ne sont toutefois pas satisfaits de voir M. Klingbeil entamer de telles discussions, car la promesse de ne pas augmenter les impôts était une condition pour que le FDP rejoigne la coalition gouvernementale.
« Les augmentations d’impôts ne sont pas seulement exclues à juste titre dans l’accord de coalition, elles seraient également tout à fait néfastes pour notre compétitivité », a déclaré Johannes Vogel, vice-président du FDP.
Il a également exclu la possibilité de suspendre le frein à l’endettement l’année prochaine. « L’État n’a pas de problème de revenus, mais il doit maintenant établir des priorités plus claires, prendre conscience de la nécessité des réformes et utiliser les ressources à sa disposition avec précision », a déclaré M. Vogel à la chaîne de télévision ntv.de.
Ces deux points essentiels seront également abordés lors de la conférence du SPD qui se tiendra le week-end prochain. Le SPD a l’intention d’y adopter une résolution visant à assouplir le frein à l’endettement et à augmenter les impôts des « super-riches ».