Allemagne : la pénurie de main-d’œuvre qualifiée met en péril les industries « vitales »
Une grave pénurie de main-d’œuvre menace le fonctionnement d’industries « vitales » allemandes, souligne un rapport annuel de la Chambre allemande de l’Industrie et du Commerce (DIHK), une organisation patronale.
Une grave pénurie de main-d’œuvre menace le fonctionnement d’industries « vitales » allemandes, souligne un rapport annuel de la Chambre allemande de l’Industrie et du Commerce (DIHK), une organisation patronale.
Malgré la stagnation économique que traverse l’Allemagne depuis plusieurs mois, huit entreprises sur dix disent avoir du mal à recruter, avec des pénuries critiques dans les secteurs tournés vers l’avenir, a averti Achim Dercks, directeur général adjoint de la DIHK, citant des domaines tels que la décarbonation, la digitalisation, la mobilité électrique et la santé.
« [Le manque de]main-d’œuvre qualifiée est extrêmement préoccupant, non seulement pour les entreprises concernées, mais aussi pour l’ensemble de notre paysage économique », a-t-il déclaré.
L’année dernière, l’économie allemande a manqué de quelque 600 000 travailleurs, selon l’Institut économique allemand (IW), un think tank — une pénurie qui ne peut que s’aggraver avec le vieillissement de la population allemande.
Dans l’ensemble de l’économie, on estime que 1,8 million de postes restent vacants, ce qui représenterait une perte sèche de plus de 90 milliards d’euros en 2023, soit plus de 2 % du PIB, selon M. Dercks.
Le rapport annuel de l’organisation sur la situation de la main-d’œuvre qualifiée en Allemagne est basé sur des données provenant de plus de 22 000 entreprises, et révèle une inquiétude généralisée de la part des entrepreneurs.
Le gouvernement allemand s’est efforcé de contrecarrer cette tendance en adoptant des mesures de libéralisation de sa loi sur l’immigration au cours de l’été.
Cette législation est censée réduire les exigences imposées aux entreprises en matière d’embauche de ressortissants de pays tiers. Elle donnera également aux demandeurs d’emploi qui n’ont pas encore obtenu de poste la possibilité de chercher un emploi dans le pays sur la base d’un système de points semblable à celui du Canada.
Malgré cela, l’Allemagne est confrontée à d’importantes difficultés pour recruter des travailleurs étrangers, notamment en raison de la complexité de sa langue, que le ministre du Travail Hubertus Heil a précédemment qualifiée de « désavantage concurrentiel ».
Achim Dercks a également appelé les législateurs à soutenir l’éducation et la formation, à stimuler l’emploi des femmes et des personnes âgées, et à encourager la mise en œuvre de nouvelles organisations du travail en entreprise.