Alliance du nucléaire : la France réunit 15 États européens et Kadri Simson à Paris

La ministre chargée de l’Énergie réunit mardi matin (16 mai) à Paris les représentants de 15 États européens proches ou affiliés à l’ « alliance du nucléaire », ainsi que la commissaire européenne à l’Énergie. À l’ordre du jour : dépendance au combustible russe et développement d’une industrie nucléaire européenne.

Euractiv France
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De gauche à droite : Kadri Simson (Commissaire européen à l'énergie), Agnès Pannier-Runacher (Ministre de la transition énergétique, France) [Conseil de l'UE]

La ministre chargée de l’Énergie réunit mardi matin (16 mai) à Paris les représentants de 15 États européens proches ou affiliés à l’ « alliance du nucléaire », ainsi que la commissaire européenne à l’Énergie. À l’ordre du jour : dépendance au combustible russe et développement d’une industrie nucléaire européenne.

Les États sont parvenus mardi (16 mai) à dégager un objectif de production d’énergie nucléaire dans l’UE. Lire ici.

Sont attendus à Paris mardi matin, sur invitation de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, des représentants de Belgique, Bulgarie, Croatie, Tchéquie, Finlande, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Slovénie, Slovaquie et Estonie.

Tous font partie de l’ « alliance du nucléaire » précédemment réunie à Stockholm en février dernier et à Bruxelles en mars dernier. 

Il y aura également un représentant de la Suède — qui avait décidé de rester neutre lors des premières réunions en raison de sa présidence du Conseil de l’UE —, un représentant de l’Italie en tant qu’ « observateur », ainsi qu’un représentant du Royaume-Uni en tant qu’ « invité », ont précisé les services du ministère.

Au programme de la matinée, deux réunions suivront les « propos introductifs » de la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson.

Focus sur la dépendance russe ?

Mme Simson sera présente pour écouter et comprendre comment accompagner les politiques nationales en matière de sûreté, de sécurité d’approvisionnement, de développement industriel et d’innovation, comme dans le secteur des petits réacteurs modulaires (SMR), précise à EURACTIV une source à la Commission européenne.

La première réunion portera sur la « construction d’une chaîne de valeur européenne résiliente et indépendante », surtout vis-à-vis du combustible russe. Les représentants des différents pays discuteront du rôle que pourrait jouer l’UE dans ce domaine, souligne le cabinet de Mme Pannier-Runacher.

Les pays d’Europe de l’Est étant particulièrement dépendants au combustible russe, les États-Unis, la Corée du Sud, le Japon et d’autres pays nucléarisés « sont prêts à apporter leur aide », précise le cabinet. 

En outre, les services de la ministre rappellent que l’entreprise nucléaire française, Orano, est en train d’augmenter les capacités d’enrichissement de combustible de son usine du Tricastin en France. À terme, l’extension pourrait répondre à une partie des besoins en enrichissement de combustible actuellement assurés par la Russie.

Une force politique

La seconde réunion, à laquelle prendra part le Royaume-Uni, se voudra plus opérationnelle, sur les projets en cours, les futures et les besoins en compétences. En somme, sur « la relance de l’industrie nucléaire en Europe », résument les services de Mme Pannier-Runacher.

Pour le cabinet de la ministre, cette réunion à Paris est un véritable « tournant » dans la concrétisation de cette « alliance du nucléaire ». Ensemble, les États de l’alliance ambitionnent de constituer une force avec « des liens politiques très forts » pour les prochains textes européens sur la transition énergétique, comme le Net-Zero Industry Act sur la relance industrielle en Europe, précise le cabinet de la ministre.

Enfin, de nouveaux projets communs pourraient être annoncés. Interrogé à ce propos par EURACTIV France, le cabinet de la ministre a indiqué qu’il n’allait « pas spoiler ». En revanche, il ne faut « pas s’attendre […] à ce que des États membres fassent des annonces sur de nouveaux réacteurs ». Le cabinet précise toutefois que pourront être annoncées par communiqué des mesures de mutualisation de moyens humains dans le développement de filières nucléaires en Europe.