Amnistie catalane : les socialistes n’en démordent pas, la droite fustige un « coup d’État »
Le Premier ministre Pedro Sánchez, et son allié de coalition JxCat se sont dits prêts à défendre la loi d'amnistie en négociations à Madrid au niveau européen, alors que des inquiétudes se font de plus en plus vives sur la constitutionnalité du texte.
Le Premier ministre Pedro Sánchez, et son allié de coalition Ensemble pour la Catalogne (JxCat) se sont dits prêts à défendre la loi d’amnistie quoi qu’il en coûte, alors que des inquiétudes se font de plus en plus vives sur la constitutionnalité du texte. D’EFE, média partenaire d’Euractiv.
En l’état, le texte espagnol pourrait ouvrir la voie au retour en Espagne de l’ancien président catalan Carles Puigdemont.
L’inclusion de délits de terrorisme très spécifiques, aussi au programme de ce texte de loi, était l’une des demandes de JxCat pour continuer à soutenir le gouvernement de coalition du Premier ministre Pedro Sánchez, allié au mouvement de gauche Sumar.
Cette loi, dont l’objectif est l’amnistie des personnes impliquées dans les actions séparatistes en Catalogne entre 2012 et 2023, fait son chemin au parlement espagnol. Mardi (23 janvier), la commission de la justice a accepté de nouvelles modifications afin de satisfaire autant les attentes du parti JxCat que son rival séparatiste, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC).
Nous connaissons le terrorisme
Tandis que la coalition de M. Sánchez se dit prête à monter au créneau pour défendre le bien-fondé du texte au sein des instances européennes, le Partido Popular, principale force conservatrice d’opposition au parlement, n’a pas manqué de s’insurger.
« Le Parti socialiste a perdu le peu de dignité qui lui restait. S’il y a une chose que nous connaissons en Espagne, c’est le terrorisme. Nous le subissons depuis longtemps [référence au terrorisme de l’ETA, groupe basque dissous] et l’Espagne ne mérite pas un gouvernement prêt à pardonner et à amnistier les terroristes », a déclaré le porte-parole du PP au Parlement, Miguel Tellado.
Le PP et le parti d’extrême droite Vox, troisième force au Parlement, ont lancé une vaste offensive dans les rues, avec des manifestations de masse, ainsi que devant les tribunaux pour tenter de faire annuler la loi, qu’ils considèrent comme un « coup d’État » de M. Sánchez contre la démocratie espagnole.
Les deux partis sont aussi d’accord pour juger ce texte de loi anticonstitutionnel.
Le ministre de la Justice, Félix Bolaños, responsable des négociations entre son parti socialiste et JxCat au Parlement, n’en démord pas moins en défendant le projet de loi.
Le gouvernement respecte ses « limites »
La rédaction du texte, particulièrement technique, tente avant toute chose de permettre une amnistie générale sans pour autant annuler le crime de « terrorisme » lorsqu’un un acte fait preuve d’une « violation grave » des droits de l’homme, a souligné M. Bolaños mardi.
La « limite » à laquelle le gouvernement s’est engagé est maintenue, a assuré le ministre.
Dans sa rédaction actuelle, le texte de loi bénéficiera directement à Carles Puigdemont et à Marta Rovira, secrétaire générale de l’ERC, tous deux auto-exilés en Belgique et en Suisse depuis 2017, pour leurs responsabilités présumées dans l’affaire dite du « Tsunami democràtic » de 2019.
L’affaire fait actuellement l’objet d’une enquête par les tribunaux espagnols.
Si la loi est approuvée avec les modifications convenues mardi, les deux dirigeants séparatistes pourront retourner en Espagne sans craindre d’être arrêtés par la police.