Andrej Babiš qualifie le Parlement européen d’« inutile » dans le débat sur les conflits d’intérêts

En réaction à la résolution du Parlement européen de jeudi (10 juin) critiquant son conflit d’intérêts, le Premier ministre tchèque Andrej Babiš (ANO) a déclaré qu’elle représente une continuation de l’intervention du Parlement européen dans les affaires internes de la République tchèque.

EURACTIV République tchèque
Czech government faces no-confidence vote
Le Premier ministre tchèque Andrej Babis quitte la session du Parlement alors qu'il fait face à un vote de défiance, à Prague, en République tchèque, le 3 juin 2021. [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

En réaction à la résolution du Parlement européen de jeudi (10 juin) critiquant son conflit d’intérêts, le Premier ministre tchèque Andrej Babiš (ANO) a déclaré qu’elle représente une continuation de l’intervention du Parlement européen dans les affaires internes de la République tchèque, allant même jusqu’à qualifier le Parlement d’« institution inutile » dans une interview radio.

« Nous sommes un pays souverain. Il y aura des élections [en République tchèque] et le Parlement européen essaie d’influencer ces élections. Et, bien sûr, l’initiative vient de l’opposition tchèque », a déclaré Babiš aux journalistes jeudi.

Même si M. Babiš suggère que la résolution est politiquement motivée, elle a été soutenue par une majorité d’eurodéputés de tout l’éventail politique, y compris de son groupe Renew Europe.

M. Babiš a choisi une formulation encore plus forte dans une interview pour Radio Z. « Ces gens désespérés calomnient la République tchèque. Je n’ai aucun conflit d’intérêts. C’est absurde. Le Parlement européen est une institution inutile qui ne fait que nous coûter de l’argent. Ce n’est que du charabia qui n’a aucun effet sur qui que ce soit », a déclaré M. Babiš, ajoutant que Pirates, l’un des partis tchèques ayant voté en faveur de la résolution, est « un groupe multiculturel pro-migration, pas des hommes politiques mais des activistes, qui veulent subvertir notre pays ».

M. Babiš a récemment changé son discours pour adopter des positions plus eurosceptiques et anti-migratoires, ce qui a été considéré comme une tentative d’attirer différents groupes d’électeurs.