Angela Merkel n’exclut pas l’idée d’une nouvelle aide pour la Grèce

La chancelière allemande, Angela Merkel, trésorière réticente de l’Europe, a déclaré hier (10 mai) qu’elle souhaitait discuter d'une aide supplémentaire en faveur de la Grèce une fois que les représentants officiels de l’UE et du FMI auraient donné des informations sur la mise en œuvre du plan de renflouement existant.

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La chancelière allemande, Angela Merkel, trésorière réticente de l’Europe, a déclaré hier (10 mai) qu’elle souhaitait discuter d'une aide supplémentaire en faveur de la Grèce une fois que les représentants officiels de l’UE et du FMI auraient donné des informations sur la mise en œuvre du plan de renflouement existant.

Devant des correspondants étrangers à Berlin, Mme Merkel n’a pas exclu l’idée d’un financement supplémentaire en faveur d’Athènes, ou d'un éventuel allégement des termes du renflouement de 110 milliards d’euros. Elle s'est également montrée confiante quant au soutien du Parlement allemand pour mécanisme de renflouement permanent.

« Je dois analyser les conclusions de la Banque centrale européenne, de la Commission européenne et du Fonds monétaire international et je ne peux faire de commentaires avant cela », a-t-elle dit. « Toute autre action n’aiderait pas la Grèce ou l’Europe ».

Une source proche de la mission d’inspection en visite à Athènes aujourd’hui a confié à Reuters que les représentants officiels de l’UE et du FMI n’avaient pas encore décidé si la Grèce avait atteint les objectifs nécessaires pour recevoir la tranche d’aide suivante dans le cadre de l'accord existant.

Il a souligné que les inspecteurs ne discutaient pas d’un nouveau paquet de renflouement avec le gouvernement grec, qui a reconnu qu’il ne serait pas forcément en mesure de revenir sur les marchés de capitaux l’année prochaine, comme cela était prévu.

A Bruxelles, les sources de l’UE ont affirmé que la Grèce avait d’abord besoin de montrer des progrès crédibles sur les objectifs convenus quant à la consolidation fiscale et à la privatisation des actifs publics avant que tout autre financement d’urgence ne puisse être envisagé.

« Il n’est pas question d’un nouveau paquet de renflouement pour la Grèce, il s’agit de mettre en œuvre ce qui a été décidé et annoncé », a déclaré la source, ajoutant qu’il n’y avait aucune discussion au sujet de taux inférieurs pour les prêts existants contractés par la Grèce.

Le ministre des finances allemand, Wolfgang Schaüble a déclaré aux législateurs conservateurs qu’une nouvelle assistance à la Grèce pourrait impliquer un prolongement supplémentaire des échéances du prêt et une réduction des taux d’intérêt, ont déclaré les participants de la réunion à huis clos à Reuters.

M. Schaüble a également rejeté avec véhémence les demandes eurosceptiques quant à un éventuel départ de la Grèce de la zone euro, affirmant que « tout serait mieux qu’une sortie ».

A Berlin, une source de la coalition au pouvoir a déclaré que les ministres des finances parlaient de « reprofiler » les prêts de renflouement existants pour la Grèce avec l’ajout volontaire d'investisseurs privés.

Cependant, il a affirmé qu’il n’y avait aucune mention d’un nouveau paquet d’aide de 60 milliards d’euros, dont le Dow Jones Newswires et le quotidien économique Handelsblatt ont affirmé qu’il était en préparation.

La ministre française de l’économie, Christine Lagarde, qui a demandé davantage d’aide en faveur de la Grèce lors d’une visite à Zurich, a déclaré : « Nous avons renfloué pendant un an et nous allons continuer ». Elle n’a pas donné plus de détails.

A Strasbourg, le commissaire européen aux affaires monétaires, Olli Rehn, a déclaré qu’il était prématuré de parler de nouveau paquet pour la Grèce à l’heure actuelle mais qu’il attendait une décision pour les prochaines semaines quant aux prochaines décisions à prendre pour satisfaire aux besoins de refinancement d’Athènes.

Les marchés de la zone euro sont stables

Les marchés de la zone euro sont restés stables alors que l’on s’attendait à ce que la Grèce reçoive une aide supplémentaire pour prévenir une restructuration anticipée de la dette qui pourrait forcer les investisseurs à encaisser de lourdes pertes.

Mais les représentants grecs et européens ont déclaré que les informations affirmant qu’Athènes recevrait un second renflouement de 60 milliards d’euros le mois prochain étaient soit complètement fausses, soit très prématurées, insistant sur le fait que les discussions concernant une assistance étaient encore au stade de l’exploration.

Les analystes ont affirmé que ce chiffre était simplement un reflet du montant qu’Athènes était censée apporter sur les marchés de capitaux en 2012 et 2013 dans le cadre de son programme UE/FMI actuel.

L’euro, qui a connu son niveau le plus bas contre le dollar en trois semaines lundi, suite à la nouvelle dégradation de la note de la Grèce par l’agence de notation S&P qui a évoqué l’éventuelle obligation d’annuler jusqu’à 70 % de sa dette, a regagné un peu de terrain.

Les actions européennes ont grimpé en partie du fait de la conviction grandissante que l’Europe agirait pour soutenir Athènes et éviter les réductions de son énorme dette de 327 milliards d’euros. Le coût d’assurance de la dette grecque contre le défaut de paiement a quelque peu diminué.

Mais la Grèce a vu le rendement de ses bons du trésor à six mois augmenter de 4,88 % s'agissant du remboursement de sa dette qui arrive à échéance, soit davantage que le mois dernier et bien au-dessus de son taux moyen de 4,2 % pour ses prêts du FMI et de l’UE.

La ministre des finances autrichienne, Maria Fekter a été citée pour avoir dit que la Grèce pourrait obtenir un allongement du délai de payement, et que le taux d’intérêt pourrait à nouveau être réduit mais a rejeté toute idée de restructuration.

Défaut de la dette de la zone euro ou « suicide politique de restructuration »

Le président des ministres des finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a affirmé après la réunion des décideurs politiques de vendredi dernier qu’il existait un consensus quant au fait que la Grèce aurait besoin d’un second programme d’ajustement.

La première ministre slovaque, Iveta Radicova, s’est montrée du même avis, affirmant que restructurer la dette de la Grèce deviendrait inévitable à un certain point, et que le secteur privé devrait être impliqué.

« La crise en Grèce est tellement profonde que sans de telles décisions, aucun instrument financier ne peut rien changer », a-t-elle ajouté.

Cependant, les décideurs politiques de la BCE ont maintenu un barrage d’avertissements désespérés contre une telle décision, malgré les attentes du marché.

Membre du conseil d’administration de la BCE, l’autrichien Ewald Nowotny, a déclaré que la Grèce devrait se voir attribuer plus de temps pour rembourser l’aide financière plutôt que de contracter de nouveaux prêts. Une restructuration « aurait d’énormes conséquences immédiates sur le système bancaire grec et pour le système bancaire dans son ensemble », a-t-il dit à la radio autrichienne. « Cela renforcerait seulement la crise ».

Le membre du conseil exécutif de la BCE, Lorenzo Bini Smaghi, a affirmé que le défaut de la dette de la zone euro ou la restructuration constitueraient un « suicide politique ».

S’exprimant à Florence, Bini Smaghi a affirmé que la Grèce était un pays riche dont les atouts permettraient de rembourser la dette. Mais lorsqu’il s’agit de vendre de potentiels actifs de valeur tels que la terre, les sources de la zone euro ont signalé des problèmes fondamentaux tels que le manque de cadastre complet en Grèce.

Olli Rehn, de l’UE, s’est dit confiant quant au soutien des ministres des finances européens, dont celui de sa Finlande natale, pour le paquet de sauvetage en faveur du Portugal la semaine prochaine, le dernier membre de la zone euro à nécessiter un renflouement après la Grèce et l’Irlande.

Un vote au parlement finlandais sur le renflouement portugais a été repoussé à vendredi parce que le deuxième parti du pays, les sociaux démocrates, demeure indécis. Le point qui semble poser problème est la demande du SDP de faire participer les investisseurs privés.

Plus tôt, le parti centriste, qui a perdu des sièges aux élections le mois dernier et est passé dans l’opposition, a déclaré qu’il soutiendrait le renflouement au parlement, aidant le premier ministre élu Jyrki Kaitinen à obtenir la majorité malgré une féroce opposition de la part des Vrais Finlandais.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV)