Attaquée par des eurodéputés de droite, Teresa Ribera peine à expliquer ses politiques

Lors de l’audition de Teresa Ribera, mardi 12 novembre, la vice-présidente désignée pour une Transition propre, Juste et Compétitive a été accusée d’« incompétence » pour la gestion des inondations meurtrières de Valence et n’a pas pu s’exprimer longtemps sur ses volontés politiques.

EURACTIV.com
Confirmation hearings of the EU commissioners-designate in Brussels
Teresa Ribera, vice-présidente exécutive désignée de la Commission européenne pour une Transition propre, Juste et Compétitive, assiste à son audition de confirmation devant les commissions du Parlement européen à Bruxelles, Belgique, le 12 novembre 2024. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Lors de l’audition de Teresa Ribera, mardi 12 novembre, la vice-présidente désignée pour une Transition propre, Juste et Compétitive a été accusée d’« incompétence » pour la gestion des inondations meurtrières de Valence. L’Espagnole a donc été occupée à repousser les attaques politiques et contrainte de rester discrète sur les détails de sa politique.

L’audition de Teresa Ribera, qui sera chargée de la concurrence, de l’application de la législation antitrust et de l’écologisation de l’économie de l’Union européenne (UE), a été dominée par des griefs nationaux, les eurodéputés de droite et d’extrême droite l’exhortant à démissionner.

« Vox demande que vous et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez soyez traduits en justice pour votre incompétence », a affirmé l’eurodéputé espagnol d’extrême droite Jorge Martín Frías (Vox, Patriotes pour l’Europe/PfE), concluant ainsi trois heures d’accusations à l’encontre de Teresa Ribera, issue du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), membre des Socialistes et Démocrates européens (S&D).

« Vous ne devriez pas être à la Commission européenne, vous devriez être au tribunal », a lancé un autre eurodéputé espagnol d’extrême droite, Jorge Buxadé Villalba (Vox, PfE).

L’eurodéputée italienne Silvia Sardone (Lega, PfE) a de son côté comparé le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), que l’Espagnole espère développer, à un « taliban idéologique ».

Les attaques ont dépassé le cadre de l’extrême droite, puisque des législateurs du PPE de centre droit y ont également pris part. L’eurodéputé espagnol Raúl de la Hoz Quintano (PP, Parti populaire européen/PPE) l’a exhortée à démissionner après qu’un collègue de parti de la commissaire désignée espagnole a été accusé de corruption, ajoutant que « le mensonge, ce n’est pas cool, Mme Ribera ».

Il a fait partie des nombreux législateurs rappelés à l’ordre pour ne pas avoir respecté le temps de parole d’une minute alloué à chaque eurodéputé. « Cela devient un abus systématique », a souligné Li Andersson, qui préside la commission de l’Emploi et des Affaires sociales (EMPL) du Parlement.

L’eurodéputé S&D Tiemo Wölken, originaire d’Allemagne, a estimé que le comportement du PPE au cours de l’audition avait été « tout à fait dégoûtant ».

À plusieurs reprises des législateurs se sont moqués, ont ri ou applaudi les déclarations de leur camp — des coups sur des tables ont également été entendus. « Les députés européens sont en train de transformer cette audition en un véritable cirque », a commenté un journaliste sur X.

Sur le plan politique, Teresa Ribera s’est montrée ouverte à l’idée d’ouvrir le système d’échange des quotas d’émission (SEQE) aux émissions négatives, c’est-à-dire aux technologies qui éliminent plus de CO2 qu’elles n’en émettent, telles que le captage et le stockage du carbone, afin d’éviter que l’industrie lourde ne doive passer au tout écologique d’ici 2039.

Interrogée sur la possibilité pour l’Union européenne de réformer une nouvelle fois son marché de l’électricité, la commissaire désignée a évoqué d’autres moyens de maintenir les prix de l’électricité à un niveau bas, notamment en renforçant les interconnexions entre les réseaux de l’Union, ce qui, comme elle l’avait indiqué précédemment, deviendrait l’une des priorités de son mandat.

La décision finale concernant Teresa Ribera est attendue au plus tôt ce mercredi 13 novembre, certaines sources proches du processus suggérant qu’une décision sur sa confirmation, ainsi que celles de ses cinq collègues désignés aux vices-présidences, pourrait être prise en milieu de semaine prochaine.

[Édité par Anna Martino]