Attentat terroriste au Kosovo : il est toujours plus simple de blâmer la Serbie, déclare Aleksandar Vučić
Il est « toujours plus facile » de blâmer la Serbie, a déclaré le président serbe Aleksandar Vučić à propos de l’embuscade menée fin septembre dans le nord du Kosovo par un commando paramilitaire serbe et qui a couté la vie à un policier kosovar albanais.
Il est « toujours plus facile » de blâmer la Serbie, a déclaré le président serbe Aleksandar Vučić lors d’un entretien accordé à Sky News à propos de l’embuscade menée fin septembre dans le nord du Kosovo par un commando paramilitaire et qui a couté la vie à un policier kosovar albanais.
Le 24 septembre, un commando de Serbes du Kosovo a tendu une embuscade à la police kosovare à Banjska, dans le nord du pays, où de nombreux Serbes de souche résident. Au terme des échanges de tirs, un policier kosovar albanais et trois Serbes du Kosovo ont été tués.
La police kosovare a saisi une quantité d’armes et de munitions qui aurait été suffisante pour armer des « centaines de combattants », selon Pristina.
Le gouvernement kosovar et les Albanais du Kosovo rejettent la responsabilité des violences sur Belgrade, tandis que cette dernière dément les accusations.
Lors de l’entretien accordé à Sky News, Aleksandar Vučić a évoqué la montée des tensions au Kosovo après l’incident de Banjska et a souligné que Belgrade avait toujours adopté une attitude constructive dans les négociations en vue de la normalisation des relations avec Pristina.
« Belgrade a toujours eu une attitude constructive dans les négociations, alors que Pristina ne demande que la reconnaissance et refuse de former l’Association des municipalités serbes », a déclaré M. Vučić.
L’Association des municipalités serbes est une demande de Belgrade qui permettrait au nord du Kosovo, à majorité serbe, de disposer d’une certaine autonomie. Pristina rejette cette demande car elle ne serait pas conforme à la Constitution.
À propos des incidents à Banjska, M. Vučić a démenti les affirmations de Pristina selon lesquelles Belgrade aurait planifié les attaques et fourni des armes à un groupe de Serbes.
« Il est toujours plus facile d’accuser Belgrade », a déclaré le président serbe. « Il est facile de trouver des armes, et pas seulement sur le marché noir. La police du Kosovo qui a poursuivi les Serbes portait des armes AK fabriquées à Kragujevac [en Serbie] », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter que ces armes n’avaient pas été vendues par la Serbie.
Milan Radoičić, un responsable politique serbe local, a déclaré publiquement avoir planifié les évènements de Banjska. Il a été qualifié de chef d’une organisation terroriste par Pristina. Les autorités serbes accusent quant à elles M. Radoičić d’avoir acheté des armes, des munitions et des explosifs et de les détenir sur le territoire du Kosovo.
Ce dernier, qui se trouverait en Serbie lors des faits, a affirmé avoir organisé le commando à l’insu de Belgrade, avec l’objectif « de créer les conditions pour réaliser le rêve de liberté du peuple [serbe] dans le nord du Kosovo », rapporte l’AFP.
« Il a été accusé, il était un allié en tant que président de la liste serbe, mais pas un ami. C’était une grande, une énorme félonie », a déclaré M. Vučić.
Interrogé par Sky News pour savoir si la Serbie extraderait M. Radoičić, le président serbe a répondu qu’elle ne pouvait pas le faire, « parce que le Kosovo n’est pas reconnu comme un État ».
« Belgrade fait tout ce qui est en son pouvoir pour être constructif, mais Pristina ne veut rien faire qui soit lié à l’accord sur l’Association des municipalités serbes, qu’ils ont signé il y a dix ans », a-t-il ajouté.
Entre-temps, le premier contingent de 200 soldats britanniques est arrivé au Kosovo vendredi pour renforcer la Force internationale de maintien de la paix dirigée par l’OTAN au Kosovo (KFOR).
« Il s’agit d’une mesure prudente visant à garantir que la KFOR dispose des forces dont elle a besoin pour s’acquitter du mandat que lui ont confié les Nations unies, à savoir le maintien d’un environnement sûr et sécurisé et de la liberté de circulation pour toutes les personnes », a déclaré l’OTAN dans un communiqué.
La KFOR compte actuellement plus de 4 500 soldats provenant de 27 pays alliés et partenaires de l’OTAN.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]