Au revoir WhatsApp, bonjour Olvid : le gouvernement presse ses ministres d'utiliser l'application de messagerie française

Les ministres français ne devront plus utiliser les services de messagerie WhatsApp, Telegram ou Signal pour des raisons de sécurité — ce qui fait écho à la décision de la Commission d'interdire TikTok sur les appareils professionnels de ses agents.

Euractiv France
Istanbul,16,January,2021-,Message,Apps,-,Social,Networking,Chat
WhatsApp, Telegram et Signal « ne sont pas dénuées de failles de sécurité et ne permettent ainsi pas d'assurer la sécurité des conversations et des informations partagées par leur intermédiaire » , peut-on lire dans la note. [AdemAY / Shutterstock]

À partir du 8 décembre, les ministres français ne devront plus utiliser les services de messagerie WhatsApp, Telegram ou Signal pour des raisons de sécurité — ce qui fait écho à la décision de la Commission d’interdire TikTok sur les appareils professionnels de ses agents en février dernier.

Le gouvernement espère ainsi donner à une nouvelle application française, Olvid, la plateforme nécessaire pour se développer.

Dans une circulaire du gouvernement datée du 22 novembre et consultée par Euractiv, la Première ministre française Élisabeth Borne demande à tous ses ministres et à leurs cabinets de désinstaller les applications de messagerie grand public WhatsApp, Signal et Telegram.

Celles-ci « ne sont pas dénuées de failles de sécurité et ne permettent ainsi pas d’assurer la sécurité des conversations et des informations partagées par leur intermédiaire » , peut-on lire dans la note.

À la place, Mme Borne demande à tous les ministres de passer à une nouvelle application française appelée Olvid, qui a été conçue permettant de « contrer les menaces » résultant de l’utilisation d’autres applications, ajoute la circulaire. Tous les changements techniques nécessaires doivent être effectués avant le 8 décembre.

Olvid est une startup basée à Paris qui développe une application de messagerie, dont le slogan est le suivant : « L’application de messagerie la plus sécurisée au monde » . L’application a reçu deux certifications de sécurité de la part de l’agence française de cybersécurité, l’ANSSI.

L’entreprise affirme que, contrairement à ses concurrents, sa solution ne nécessite aucune donnée — numéro de téléphone, accès au répertoire de contacts, etc. Elle affirme également chiffrer les métadonnées. WhatsApp, Signal ou Telegram, quant à eux, ne chiffrent que les messages.

« L’intégration de cette [application] constitue non seulement le signe d’une prise de conscience des [préoccupations] en matière de cybersécurité, mais aussi une avancée vers une plus grande souveraineté technologique française », souligne la note de la Première ministre.

« J’utilise Olvid depuis 2022 avec mon équipe, et je peux rassurer ceux qui s’inquiètent, cela fonctionne parfaitement bien » , a déclaré le ministre délégué au Numérique Jean-Noël Barrot à FranceInfo jeudi (30 novembre), partageant son espoir que cela encouragerait davantage d’utilisateurs à se tourner vers des technologies de messagerie françaises et renforcerait l’« autonomie stratégique » du pays.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement français se tourne vers des solutions françaises. En 2019, le gouvernement a décidé de déployer l’application de messagerie publique française Tchap. Selon la Direction interministérielle du numérique, la DINUM, ce service est aujourd’hui utilisé par 400 000 agents publics dans tout le pays.

Cette décision intervient un peu moins d’un an après qu’Euractiv ait révélé que la Commission européenne, suivie par la suite par d’autres institutions de l’UE, a interdit l’utilisation de la plateforme de réseaux sociaux TikTok sur les téléphones portables professionnels de ses agents, en invoquant des problèmes de confidentialité des données.

Le gouvernement français a fait de même, invoquant des préoccupations similaires, et a interdit les applications « récréatives », notamment TikTok, Instagram et Netflix, sur les appareils professionnels de tous ses fonctionnaires.