Le président autrichien plaide pour un allongement du service militaire

L’Autriche devrait envisager d’étendre la durée de son service militaire obligatoire, a estimé le président Alexander Van der Bellen, alors que le débat sur une réforme du système actuel se poursuit dans le pays.

EURACTIV.com
Le président autrichien Alexander Van der Bellen. [Getty Images/Soeren Stache_Picture alliance]

La question d’une refonte du service militaire est discutée depuis plusieurs années dans le pays alpin, mais le chef de l’État intervient désormais directement dans le débat public.

« Compte tenu de la situation géopolitique et afin d’améliorer la sécurité des soldats, en tant que commandant en chef, je soutiens […] la prolongation du service militaire », a affirmé Alexander Van der Bellen dans une brève déclaration mercredi 18 février.

En janvier, une commission chargée d’évaluer le service militaire actuel a recommandé de le prolonger et d’augmenter les exercices pour les réservistes. Une réforme du service militaire est prévue pour 2027.

Alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine se poursuit, les pays européens qui avaient suspendu la conscription commencent à envisager de la rétablir ou de la réformer.

Actuellement, l’Autriche impose un service militaire obligatoire de six mois à tous les hommes âgés de 17 ans, avec la possibilité de le remplacer par un service social.

L’Allemagne voisine a réformé son modèle à la fin de l’année dernière, sans toutefois réintroduire la conscription.

Le Parti populaire autrichien (ÖVP), parti conservateur et principal partenaire de la coalition gouvernementale autrichienne, est favorable à une réforme prévoyant huit mois de service suivis de deux mois d’exercices dans la réserve, avec la possibilité de choisir à la place un service civil de 12 mois.

Le Parti social-démocrate (SPÖ) et les libéraux du NEOS, qui participent au gouvernement, restent réticents. Pour faire adopter une telle réforme militaire à la majorité des deux tiers requise, le gouvernement aurait besoin de voix supplémentaires de l’opposition.