Aux Nations unies, l’UE défend son leadership en matière de climat
Lors du sommet des Nations unies sur l’action climatique mercredi 24 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis que le monde pouvait compter sur le leadership de l’Europe en matière de climat, bien que le bloc n’ait pas encore fixé sa contribution déterminée au niveau national, comme le requiert l’Accord de Paris sur le climat.
Les parties à l’Accord de Paris sur le climat, signé en 2015, doivent soumettre une « contribution déterminée au niveau national » à l’effort mondial en faveur du climat sous la forme d’objectifs de réduction des émissions à l’horizon 2035. La plupart des pays n’ayant pas respecté la date limite de février pour la soumission de cet objectif, tous devaient communiquer leurs objectifs lors du sommet des Nations unies à New York mercredi.
Cependant, l’UE n’est pas encore parvenue à établir son objectif en raison de désaccords entre ses États membres. Hier, Ursula von der Leyen a donc plutôt réitéré une vague déclaration d’intention selon laquelle le bloc des Vingt-Sept s’engage à réduire les émissions dans une fourchette comprise entre 66,2 % et 72,5 % par rapport aux niveaux de 1990.
Ursula von der Leyen a déclaré que l’UE avait déjà réduit ses émissions de 40 % et était en bonne voie pour atteindre son objectif de réduction de 55 % d’ici 2030. Elle a également évoqué l’objectif proposé par la Commission de réduire les émissions nettes de l’UE de 90 % d’ici 2040, bien que celui-ci fasse encore l’objet de négociations.
« Je tiens à vous assurer que l’Europe maintiendra le cap sur ses ambitions climatiques », a déclaré l’Allemande, réitérant la promesse de l’UE de présenter la contribution climatique de Bruxelles « avant la COP30 », qui s’ouvrira le 10 novembre dans la ville portuaire amazonienne de Belém, au Brésil.
Dans son discours d’ouverture, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a par ailleurs déclaré que la soumission des engagements climatiques n’était « pas optionnelle », mais qu’elle constitue une obligation légale. Il a averti que sans ces objectifs, « la planète avance dans le noir » pour lutter contre le changement climatique.
« J’appelle les pays qui n’ont pas encore soumis leurs contributions déterminées au niveau national [à le faire] : le succès de la COP 30 à Belém dépend de vous », a-t-il conclu.
La Chine avance un objectif modeste
Xi Jinping, s’exprimant à distance au sommet des Nations unies mercredi, a déclaré que la Chine réduirait ses émissions de gaz à effet de serre de 7 à 10 % « par rapport aux niveaux maximaux » d’ici 2035, tout en « s’efforçant de faire mieux ».
Il s’est engagé à porter la capacité de production d’énergie solaire et éolienne à 3 600 gigawatts, soit six fois plus qu’en 2020, à tirer plus de 30 % de l’énergie de sources non fossiles et à augmenter le stock forestier au-delà de 24 milliards de mètres cubes.
Qualifiant la transition écologique et bas carbone de « tendance de notre époque », le président chinois a déclaré que même si certains pays « agissent à contre-courant », le monde doit « rester concentré sur la bonne direction ».
La Chine est de loin le plus grand émetteur de CO2 au monde et, en même temps, une puissance en matière de technologies propres.
Xi Jinping a appelé à une coordination internationale sur les technologies vertes et à « la libre circulation des produits verts de qualité à l’échelle mondiale afin que les avantages du développement vert puissent atteindre tous les coins du monde ».
Cette proposition modeste — bien inférieure à ce qu’espéraient les ONG et les analystes — a fait réagir en Europe. Le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, prévoit de pousser Pékin à aller au-delà de son engagement.
« Ce niveau d’ambition est clairement décevant et, compte tenu de l’empreinte carbone considérable de la Chine, il rend la réalisation des objectifs climatiques mondiaux beaucoup plus difficile », a déploré le commissaire jeudi.
« Nous continuerons à pousser la Chine (et d’autres pays) à aller au-delà du niveau d’ambition actuel et à respecter nos engagements communs dans le cadre de l’accord de Paris », a-t-il affirmé.
De nombreux analystes partagent cette déception.
« Alors que l’UE et d’autres pays peinent encore à avancer, la Chine pourrait hisser les voiles et montrer la voie », a déclaré Kate Logan, directrice du China Climate Hub à l’Asia Society Policy Institute. Au lieu de cela, l’objectif « décevant » de 7 à 10 % représente une occasion manquée d’exercer un véritable leadership, selon elle.
Pour certains, l’objectif avancé par Pékin n’est pas seulement peu ambitieux, mais aussi irréaliste au regard des tendances actuelles dans le pays.
Bernice Lee, du groupe de réflexion britannique Chatham House, estime que « l’objectif de la Chine pour 2035 n’est tout simplement pas représentatif du rythme de la transition énergétique dans le pays ». « En réalité, le pays a investi 625 milliards de dollars dans les énergies propres l’année dernière, soit 31 % du total mondial. »
Pour Lauri Myllyvirta, du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), cet objectif doit être considéré comme « un minimum, et non un maximum ». « Le simple fait de maintenir les taux actuels de croissance des énergies propres peut permettre de réduire considérablement les émissions », a-t-elle déclaré.
Cette évaluation fait écho aux commentaires de Belinda Schäpe, analyste politique chinoise au Centre for Research on Energy and Clean Air. Selon Belinda Schäpe, la réduction des émissions de 7 à 10 % est « bien inférieure à ce qui serait nécessaire pour se conformer aux objectifs de l’Accord de Paris ». Elle estime que la réduction de CO2 requise aurait dû être d’environ 30 % par rapport aux niveaux de 2024.
« Point positif : les tendances actuelles en matière d’énergie propre que nous observons en Chine sont très susceptibles d’entraîner des réductions d’émissions beaucoup plus importantes au cours de la prochaine décennie », a cependant noté Belinda Schäpe.
Le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Simon Stiell, a quant à lui salué l’annonce de l’objectif chinois.
Cet objectif implique une « accélération de l’action climatique » et envoie « un signal indiquant que l’économie mondiale future fonctionnera à l’énergie propre », a déclaré Simon Stiell, qui supervisera la COP30 sur le climat au Brésil.
« Nous savons que la Chine a une longue et impressionnante expérience en matière de respect et de dépassement de ses objectifs en matière de changement climatique et d’énergie propre », a-t-il ajouté.
(asg)