Aviation : une campagne contre les vols à pilote unique

L’European Cockpit Association, qui représente les pilotes de ligne, mènera une campagne de sensibilisation dans les toilettes de l’aéroport de Bruxelles pour manifester contre un éventuel passage à un seul pilote dans le cockpit, contre deux actuellement, sur certains vols.

Euractiv.com
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L’ECA est l’organe représentatif des pilotes européens, et les publicités qui seront affichées dans les toilettes de l’aéroport font partie de sa campagne « OneMeansNone » (Un égal zéro) qui vise à sensibiliser aux « risques de sécurité liés à la réduction du nombre de membres de l’équipage ».

L’European Cockpit Association (ECA), qui représente les pilotes de ligne européens, mènera une campagne de sensibilisation dans les toilettes de l’aéroport de Bruxelles pour manifester contre un éventuel passage à un seul pilote dans le cockpit, contre deux actuellement, sur certains vols.

Cette campagne, qui aura lieu du 20 au 27 juillet, intervient alors que des fonctionnaires de l’Union européenne envisagent de modifier les règles en vigueur afin de réduire les exigences minimales en matière d’équipage pour les compagnies aériennes. Parmi les options envisagées figure la possibilité de ne plus disposer que d’un seul pilote à bord de certains vols.

L’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA) a confirmé que les changements de règles étaient envisagés à la suite de demandes formulées par les constructeurs aériens. Les progrès technologiques, tels que les commandes à distance et les opérations autonomes, pourraient permettre de compléter les opérations actuellement effectuées par des humains à bord des avions.

Les publicités qui seront affichées dans les toilettes de l’aéroport de Bruxelles font partie de sa campagne « OneMeansNone » (Un égal zéro) qui vise à sensibiliser aux « risques de sécurité liés à la réduction du nombre de membres de l’équipage ».

Selon l’EASA, deux options sont en cours d’évaluation.

L’option « Extended Minimum Crew Operations » (opérations avec équipage minimal étendu) nécessiterait la présence d’un seul pilote dans le cockpit pendant la phase de croisière, tandis qu’un ou plusieurs autres pilotes à bord se reposeraient. Les « Single pilot operations » (opérations avec un seul pilote) nécessiteraient quant à elles la présence d’un seul pilote à bord pendant toute la durée du vol, atterrissage et décollage inclus.

« Nous espérons que cette campagne permettra d’engager la conversation, en montrant graphiquement pourquoi nous avons besoin d’au moins deux pilotes dans le cockpit », a déclaré le capitaine Otjan de Bruijn, président de l’ECA, dans un communiqué de presse jeudi dernier (18 juillet).

Les affiches de la campagne publicitaire mettent en lumière certaines interrogations que sucitent ces nouvelles mesures envisagées. Par exemple, comment une situation d’urgence sera-t-elle gérée si le seul pilote présent à bord doit se rendre aux toilettes pile à ce moment-là ? Le choix du lieu d’affichage de ces publicités n’est donc pas anodin.

« Nous ne pouvons pas laisser les intérêts commerciaux des compagnies aériennes entraver la sécurité des passagers », insiste Otjan de Bruijn.

Les propositions sont actuellement évaluées par l’EASA, qui a expliqué à Euractiv que « le concept qui fait l’objet d’un examen plus approfondi est celui des opérations avec équipage minimal étendu. Il y a une certaine considération pour les opérations avec un seul pilote, mais seulement pour les avions-cargos. Les opérations avec un seul pilote ne sont pas envisagées pour les vols de transport de passagers à l’heure actuelle ».

L’EASA a ajouté que « la considération primordiale est que la sécurité ne doit pas être compromise. Pour être approuvées, les opérations doivent donc démontrer qu’elles sont tout aussi sûres que les opérations actuelles à deux pilotes ».

L’agence a également expliqué que toutes les parties prenantes étaient impliquées dans le processus et qu’un projet de recherche scientifique indépendant avait été commandé.

Une vidéo de l’ECA indique que l’EASA recommandera les éventuels changements de règles à la Commission européenne en 2026. Interrogée par Euractiv, l’agence européenne a toutefois déclaré qu’elle « ne peut pas faire de commentaires sur l’état d’avancement du processus », mais qu’« il n’y a pas de calendrier précis pour l’introduction de l’un ou l’autre type d’opérations ».

Les outils technologiques sont de plus en plus capables de remplacer les opérateurs humains dans plusieurs secteurs du transport, y compris le ferroviaire, le maritime et le routier.

La Commission européenne a noté que « l’automatisation et la numérisation créent de nombreux nouveaux enjeux ainsi que des opportunités pour la main-d’œuvre du secteur des transports » et a publié en novembre 2023 des lignes directrices sur la manière de gérer l’impact de ces tendances sur les travailleurs.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]